Eurazeo compte plus que doubler sa mise lors de la cotation de Moncler
Après l’annonce mercredi du plan stratégique d’Accor, qui a déçu les investisseurs, Eurazeo a détaillé hier les conditions de cession partielle de sa pépite Moncler. La société d’investissement cotée espère réaliser une confortable plus-value à l’occasion de la cotation du fabricant de doudounes à la Bourse de Milan, prévue au plus tôt le 16 décembre.
Les principaux actionnaires mettront sur le marché 26,7% du capital de Moncler, et jusqu’à 30,7% si la demande permet d’exercer l’option de surallocation. Le fonds Carlyle vendra la moitié de sa participation résiduelle de 18%. En cédant 36,85% de ses titres, soit 11,5% de la société, Eurazeo devrait toucher entre 252 et 293 millions d’euros, ce qui valorise son investissement total entre 685 et 795 millions d’euros.
En juin 2011, le groupe français avait acquis 45% du capital de Moncler pour 418 millions d’euros, puis l’avait syndiqué pour conserver 31,2% des parts, équivalentes à un investissement de 305 millions. La cotation de Moncler devrait lui permettre de réaliser, en deux ans et demi seulement, un multiple de cession compris entre 2,35 et 2,75, indique Eurazeo. Il devrait conserver 19,7% du groupe de textile à l’issue de l’opération, mais ne précise pas son intention pour la suite. En hausse de 55,68% depuis le début de l’année, le titre Eurazeo clôturait hier en léger repli de 0,68%.
Alors que l’offre publique sur Moncler est ouverte depuis hier et jusqu’au 11 décembre, le carnet d’ordres était déjà plein mercredi, ont affirmé trois sources à Bloomberg. Conduite par Goldman Sachs, Bank of America Merrill Lynch et Mediobanca, l’opération pourrait valoriser l’entreprise entre 2,2 et 2,5 milliards d’euros, soit 13 à 15 fois l’Ebitda 2012. Après un premier projet de mise en Bourse, abandonné par Carlyle en 2011, le fabricant de doudounes haut de gamme espère réitérer le succès du chausseur italien Salvatore Ferragamo et des cachemires Brunello Cucinelli. Depuis leur cotation à Milan, respectivement en 2011 et 2012, leur cours a plus que triplé.
Moncler s’affiche délibérément comme une maison de luxe. La marque d’origine grenobloise, relancée en 2003 par un entrepreneur italien, vient de céder son pôle sportwear en perte de vitesse (Henry Cotton’s, licence Cerruti, etc.). Sans cette entité, son chiffre d’affaires atteint 183 millions d’euros au premier semestre (+18% sur un an), mais son modèle reste encore assez dépendant de la saison d’hiver.
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