Equistone collecte son quatrième fonds dans un contexte difficile pour le private equity
La valse-hésitation du gouvernement Ayrault sur la fiscalité du private equity à l’automne dernier n’a pas désarçonné les investisseurs institutionnels. Equistone a en effet annoncé hier la clôture définitive de la collecte de son quatrième fonds, baptisé Equistone Partners Europe Fund IV (EPEF IV). Son montant: 1,5 milliard d’euros, conformément à son objectif. Lazard a agi en qualité d’agent de placement et Clifford Chance a réalisé la structuration juridique du véhicule.
La collecte s’est déroulée en trois étapes, dont une première à 500 millions d’euros en novembre 2011, et un second «closing» intermédiaire à un milliard au printemps 2012. Il s’agit de la première levée d’Equistone depuis sa scission de sa maison mère, la banque britannique Barclays, en novembre 2011.
Le véhicule précédent, levé en 2007, atteignait 2,45 milliards d’euros. «Le fonds III comprend 700 millions apportés par le groupe Barclays, qui n’a pas investi dans EPEF IV, pour des raisons réglementaires. Les montants apportés par les investisseurs tiers ne baissent donc que légèrement, ce qui est normal dans le contexte macro-économique», indique à L’Agefi Guillaume Jacqueau, président d’Equistone.
Le gérant estime donc que cette collecte est un succès. Les investisseurs seraient séduits par ses performances passées: 13 investissements et 18 sorties ont été réalisés en 2011 et 2012. «Notre dealflow en France au dernier trimestre 2012 est très nettement supérieur à celui du reste de l’année», avance Guillaume Jacqueau, qui espère annoncer un investissement dans les prochaines semaines. Récemment, Equistone a néanmoins dû abandonner le contrôle de Parkeon à ICG suite à la restructuration de dette de l’entreprise, tandis qu’il a dû réinjecter des fonds propres dans la société d’ingénierie Desmet Ballestra.
La stratégie d’EPEF IV ne différera guère du précédent. Il s’intéresse aux sociétés françaises, allemandes, britanniques et suisses, valorisées entre 50 à 300 millions d’euros (dette comprise). Seule nuance: suite à la fermeture du bureau de Milan en 2010, le véhicule n’investira pas en Italie.
Equistone précise que 42 investisseurs ont contribué au véhicule. 70% d’entre eux ont déjà investi dans les fonds précédents de Barclays PE. La part des fonds de pensions, fonds souverains et family offices progresse. S’ils restent majoritairement européen (53%), la part d’américains double (de 8% à 16%).
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