En plein démantèlement, Dexia continue de creuser ses pertes
Dexia a creusé ses pertes au
deuxième trimestre en raison du regain de tensions sur la dette souveraine des
Etats d’Europe du Sud et des charges liées aux cessions d’actifs. Le renouvellement
de son équipe dirigeante a par ailleurs été confirmé.
Le groupe
financier franco-belge, acculé au démantèlement à l’automne dernier, a
enregistré une perte nette de 1,2 milliard d’euros sur les six premiers mois de
2012.
Sur le seul
deuxième trimestre, la perte de Dexia s'élève à 735 millions d’euros après
celle de 431 millions du premier trimestre.
Comme prévu, sous
la pression de ses actionnaires belges, la banque a procédé à un remaniement de
son état-major avec le départ du tandem composé de Jean-Luc Dehaene et Pierre
Mariani, tous deux propulsés à la tête de Dexia en octobre 2008 lors du premier
sauvetage de l'établissement après la faillite de Lehman Brothers.
Le Belge Karel de
Boeck succède ainsi à Pierre Mariani comme directeur général du groupe et prend
les commandes opérationnelles de l’ancien leader mondial du financement des
collectivités locales. Jean-Luc Dehaene cède quant à lui son siège de président
de Dexia à Robert de Metz.
La banque a
également indiqué que les discussions avec la Commission européenne et les
Etats belge, français et luxembourgeois se poursuivaient sur le montant des
garanties destinées à couvrir ses besoins de financement et sur la rémunération
de ces garanties. Ces garanties, qui sont partie intégrante du plan de
démantèlement signé fin 2011, font toujours l’objet d'âpres discussions. Les
autorités belges, qui doivent en apporter 60,5%, veulent en renégocier la
répartition entre les différents Etats.
Pour le gouvernement français, la
partie est tout aussi serrée. S’il s’agit de ne pas alourdir la contribution de
l’Etat français au renflouement de Dexia. Avec une part de 36,5% des garanties
publiques accordées à la banque, les actionnaires français de Dexia n’échapperont
pas à des concessions pour obtenir le feu vert de la Commission européenne à
son démantèlement. L’aval de Bruxelles est une condition sine qua non pour
permettre en France de créer la nouvelle banque de financement des collectivités
qui sera détenue par la Caisse des dépôts et la Banque postale.
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