EEX et Powernext envisagent de renforcer leurs liens
C’est une opération de nature à rebattre les cartes sur le marché européen du négoce du gaz qui semble se dessiner. L’Office fédéral des ententes a indiqué avoir enregistré le 11 septembre une demande de l’opérateur allemand EEX portant sur une relation plus étroite avec son partenaire français Powernext. L’autorité allemande peut approuver le projet sous un mois ou ordonner une évaluation complémentaire pendant trois mois à l’issue de ce délai.
Dans deux communiqués identiques, EEC, détenu majoritairement par Eurex (Deutsche Börse), et Powernext ont confirmé avoir «récemment soumis une proposition de configuration améliorée de Pegas (leur plate-forme de gaz naturel commune lancée en mai 2013) aux autorités de la concurrence compétentes». «EEX et Powernext donneront plus de détails sur le concept dans les semaines à venir», ajoutent les deux opérateurs basés à Leipzig et Paris respectivement. Dans ce cadre, EEX pourrait prendre le contrôle de Powernext. Ce dernier est entre les mains de gestionnaires de réseaux de transport de l'électricité et du gaz, ainsi que de divers groupes énergétiques (GDF Suez, Total, Enel...).
Les communiqués font uniquement référence aux activités gazières et ne mentionnent pas la plate-forme commune d'échanges au comptant de l'électricité, Epex Spot. Au premier semestre, Pegas a poursuivi son développement, avec une forte progression du volume d'échanges sur la plate-forme (à 248,4 térawatts/heure ou TWh, unité de mesure des échanges d'électricité) et le lancement de nouveaux produits en Belgique et en France. Le 15 octobre viendra le tour du Royaume-Uni. Hormis Epex Spot et Pegas, les deux groupes développent EEX Power Derivatives (détenu à 80% par EEX et à 20% par Powernext) et European Commodity Clearing (contrôlé à 99% par EEX).
Les bénéfices potentiels d’un tel renforcement des liens entre EEX et Powernext sont d’abord à rechercher du côté des coûts. Cela permettrait aux deux Bourses de limiter leurs coûts et d’améliorer leur compétitivité face à la plate-forme britannique National Balancing Point (NBP), numéro un du trading gazier en Europe sur le plan du volume. Une plate-forme consolidée en Europe continentale offrirait en outre aux intervenants des produits de couverture sur le gaz sans risque de change. Les contrats de NBP sont libellés en sterling.
Plus d'articles du même thème
-
Le prospectus d'introduction en Bourse d'Anthropic met en lumière de nombreux «facteurs de risque»
La fuite dans la presse du document S-1 d’introduction en Bourse d'Anthropic révèle notamment que l’éditeur de Claude a perdu 8 milliards de dollars l'an dernier pour un chiffre d'affaires de 4,6 milliards de dollars. -
Le choc chinois 2.0
Le premier choc chinois avait fait de la Chine l’usine du monde. Le second pourrait rebattre les cartes de la puissance industrielle et technologique mondiale. Face à ce «choc chinois 2.0», l’Europe doit certes réagir, mais elle doit surtout agir, prévient Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques du Groupe Crédit Agricole. -
Bruxelles poursuit son Omnibus fiscal
Les Etats membres ont examiné un projet de simplification des règles fiscales le 23 septembre dernier. Un projet qui, à terme, permettrait près de 8 milliards d’euros d’économies par an pour les entreprises.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
In folioSophie Divry et Anaïs Llobet : harcèlement sur conjoint
Sophie Divry a le coup d’œil : elle pénètre tout de suite au cœur du couple que forment Isabelle et Xavier, relève chaque contrariété, chaque détail révélateur, jusqu’aux questions les plus triviales, celles qui pèsent le plus -
« Une tentative d’assassinat politique » : Jordan Bardella et le RN font bloc malgré les accusations
Jordan Bardella, Marine Le Pen et les cadres du RN ont poursuivi l’opération déminage mardi après l’enquête de Mediapart accusant l’eurodéputé d’antisémitisme. -
Trinune libreDette publique : pourquoi la boule de neige s’emballe
La dette française a atteint son plus haut niveau depuis 1946. Avec des taux durablement supérieurs à la croissance, la charge des intérêts de la dette dépassera 90 milliards d'euros en 2027