Dexia adapte sa structure opérationnelle à son nouveau périmètre

Gérée en extinction, l’organisation héritée de la crise financière n’est plus adaptée. Elle centralise et simplifie ses processus de décision
Antoine Landrot

Dexia fait face à une contrainte rare pour une entreprise: en extinction programmée, l’ex-banque des collectivités locales doit adapter sa structure à l’attrition irrémédiable de son activité. Jusqu’à aujourd’hui, son organisation est encore celle qui avait été mise en place en 2008, après sa nationalisation. La vente de ses principales filiales commerciales (Dexia Banque Belgique, BIL, Dexia AM, Denizbank, RBC Dexia, Sofaxis, etc.) ont profondément réduit son périmètre, tout en lui faisant perdre des compétences dont elle a encore besoin comme la pension livrée.

La remise de l’avis des partenaires sociaux sur le projet d’entreprise 2018 les 28 et 31 mars a permis à Dexia de lancer la première étape de sa réorganisation, détaillée dans son rapport annuel.

Deux pôles métiers ont été créés. L’un, «financement et marchés», sera concentré sur le refinancement de Dexia, le suivi des portefeuilles de dérivés et la gestion de la trésorerie. Elle remplace partiellement l’ancien pôle trésorerie & marchés financiers (TMF). L’autre entité, baptisée «actifs», doit assurer la gestion des actifs en extinction et les relations avec les clients. Elle inclut les équipes de front office, l’équipe commerciale du middle office et certaines équipes initialement présentes au sein des pôles TMF et risques.

Quant aux fonctions du middle office en lien avec les marchés, elles seront regroupées dans une nouvelle direction, nommée «product control», logée au sein du pôle finance. Les équipes de cette direction sont dispersées dans les pôles risques, finance et opérations. Elles auront la responsabilité de suivre quotidiennement les opérations et de produire les données relatives aux transactions.

Si son appellation demeure, le pôle risques voit son rôle concentré sur ses fonctions essentielles de contrôle. Il perd donc, comme indiqué plus haut, ses équipes chargées du suivi des actifs et des fonctions non commerciales du middle office, mais aussi le contrôle permanent, rattaché à la conformité, responsabilité du secrétariat général.

Le résultat de cette mixture sera une centralisation et une simplification accrue à travers une réduction draconienne du nombre de comités décisionnels. Ce chantier devrait être terminé à l’été. Il est accompagné de deux autres chantiers: la refonte des systèmes d’information et le volet RH. Car le défi de Dexia, dont le destin est scellé, est de retenir ses collaborateurs et d’attirer des talents.

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