Deutsche Pfandbriefbank veut gagner ses galons dans le financement au secteur public

La filiale de Hypo Real Estate, qui a vocation à être privatisée en 2015, veut notamment renforcer son statut en France
Antoine Landrot

La décision du gouvernement allemand de liquider Depfa Bank ne semble pas remettre en cause le destin de l’autre filiale de Hypo Real Estate, Deutsche Pfandbriefbank (PBB). Spécialisée dans les prêts au secteur public et à l’immobilier, celle-ci sera bien privatisée en 2015, que ce soit au travers d’une introduction en Bourse ou d’une cession à un acquéreur, confirme à L’Agefi Jean Christophe, directeur général de la succursale française de PBB.

PBB est née en 2009 de la fusion des deux filiales bancaires de Hypo RE autorisées à émettre des Pfandbriefe (proches des obligations foncières) pour financer leur activité: Depfa Deutsche Pfandbriefbank et Hypo Real Estate Bank. Elle a réduit sa présence à l’étranger à la France, au Royaume-Uni, aux pays scandinaves depuis 2013, à quelques pays d’Europe centrale (Pologne, République tchèque), tout en maintenant de petites équipes en Italie et en Espagne.

Alors que le modèle de Depfa DP avant la crise était fondé sur l’acquisition massive de créances à travers les syndications ou le marché secondaire, où ses relations avec les émetteurs étaient réduites, «PBB privilégie les prêts directs à ses clients avec lesquels elle finance leurs investissements», explique Jean Christophe. Depfa pouvait réaliser jusqu’à 40 milliards d’euros de transactions par an, contre une production de crédits nouveaux de 8,2 milliards d’euros en 2013 pour PBB. L’activité est toutefois en augmentation de 46% par rapport à 2012.

La France occupe une place particulière par son poids dans les prêts au secteur public. Si ceux-ci n’ont représenté que 1,2 milliard d’euros en 2013 à l’échelle du groupe (+71% par rapport à 2012), la moitié provient de l’Hexagone. PBB occupe une part de marché d’environ 4% et considère pouvoir dépasser les 5%. La semaine dernière, l’établissement a annoncé l’accord d’un prêt de 11 millions d’euros à la ville de Versailles. Fin 2013, il avait accordé 10 millions à Bordeaux et 30 millions à la communauté urbaine de Strasbourg.

Autre originalité, le financement des hôpitaux de plus de 500 lits, comme le CHU de Nice, représente un tiers de l’activité française. PBB développe également le conseil aux entités publiques ou aux consortiums privés candidats à des PPP. «Nous visons un ou deux mandats par an. C’est un moyen de changer de statut dans le marché et de positionner PBB comme un acteur majeur», précise Jean Christophe, dont l’équipe est intervenue pour le Grand Stade de Lille.

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