Deutsche Börse tire un trait sur sa plate-forme de trading paneuropéenne
Faute de combattants, Deutsche Börse s’apprête à fermer Xetra International Market (XIM). La plate-forme de trading paneuropéenne dédiée aux grandes valeurs du Vieux Continent (blue chips), lancée en novembre 2009, cessera son activité le 13 décembre prochain. XIM permettait de traiter quelque 800 valeurs. L’opérateur de la Bourse de Francfort justifie cette décision par une volonté de «concentrer la liquidité sur les blue chips européennes».
Mais cet arrêt témoigne surtout d’un aveu d’impuissance. Face à la concurrence féroce des plates-formes de trading alternatives, XIM n’a pas réussi à trouver sa place. Sur la moyenne des cinq derniers jours, sa part de marché dans les actions paneuropéennes est nulle, selon les données de Bats Chi-X Europe. La filiale de Bats Global Markets pointe en première position (23,3% de part de marché), devant le London Stock Exchange (19,6%) et Nyse Euronext (14,9%).
En lançant XIM, Deutsche Börse avait finalement renoncé au rachat d’une plate-forme multilatérale de négociation (MTF), jugeant le branchement sur les infrastructures existantes de Xetra bien moins coûteux. Pour favoriser la liquidité, Deutsche Börse avait imaginé une structure tarifaire intégrant un rabais pour les investisseurs atteignant un volume donné d’ordres.
A l’époque, le nouvel acteur, qui visait une part de marché initiale de 5%, vantait également son modèle intégré, pleinement compatible avec la directive MIF. Compensés par Eurex Clearing, les titres étaient réglés sur les marchés nationaux, Clearstream Banking servant d’interface.
Seule consolation pour Deutsche Börse, Nyse Euronext ne fait pas mieux avec sa plate-forme paneuropéenne Nyse Arca Europe, laquelle a le statut de MTF, et dont la part de marché serait également nulle sur la moyenne des cinq derniers jours. En revanche, le LSE peut se féliciter du parcours de Turquoise dont il détient 60% du capital. La plate-forme MTF affiche une part de marché de 7,3%.
Nasdaq OMX avait pour sa part nettement devancé Deutsche Börse en fermant dès avril 2010 sa plate-forme MTF paneuropéenne baptisée Neuro à la suite d’une «évaluation des perspectives financières de l’activité». Au cours de ses dix-huit mois d’existence, elle n’avait jamais réussi à assurer plus de 2% du trading sur les blue chips paneuropéennes, selon Thomson Reuters.
Plus d'articles du même thème
-
Nest abandonne sa stratégie d’investissement passive pour les actions émergentes
Le plus important fonds de pension d’entreprise du Royaume-Uni a désigné un nouveau gestionnaire pour gérer activement ses 3,5 milliards de livres sterling d’investissements en actions émergentes. -
L'Eiopa élargit sa vigilance face au risque climatique
En 2025, la chaleur a coûté 43 milliards d’euros à l’économie européenne, dont 95 % non assurés. Le rapport de l’Eiopa alerte sur l’exposition croissante des institutionnels aux risques climatiques, notamment logés au passif des bilans. -
Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
La caisse régionale a ouvert au printemps quatre agences accessibles 12 heures par jour et six jours sur sept. Les demandes des clients transférés dans ces nouveaux lieux d’accueil confirment l’intérêt de plages d’accueil élargies, mais pas la nécessité d’un rendez-vous physique.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Fiscal drag raceEn Italie, 35 000 euros, la nouvelle frontière de la richesse
Alors que l’inflation repart à la hausse, les effets de seuil risquent de pénaliser à nouveau les classes moyennes -
DésindexationRetraite : n’ayons pas peur, mais préparons-nous !
Nul besoin d’y penser tous les jours, mais pourquoi ne pas lancer un side business, réfléchir à ce que l’on pourra négocier le jour J et regarder devant -
L'air du largeLe train, une bataille mondiale décryptée
Notre chroniqueur a lu le dernier livre de Claude Leblanc, journaliste au service international de l'Opinion, « Géopolitique du train » (PUF, Paris, 2026, 229 p.)