Deutsche Bank va tailler dans les effectifs de sa BFI

Souffrant d’une chute de ses résultats, la première banque allemande supprime 1.900 postes. Elle écarte toujours l’idée d’une augmentation de capital
Lothar Gries, à Francfort

«Honnêtement, notre niveau de dépenses est trop élevé.» C’est en ces termes que le nouveau patron de Deutsche Bank, Anshu Jain, a expliqué hier lors d’une conférence téléphonique les raisons de son vaste plan d'économies de 3 milliards d’euros. Pour contrer les effets de la chute des résultats au deuxième trimestre, notamment dans sa banque de financement et d’investissement (BFI), la première banque allemande a annoncé un plan de suppression de 1.900 emplois, dont 1.500 dans la BFI. L’essentiel concernera des postes basés en dehors de l’Allemagne.

Ces coupes doivent permettre de dégager des économies de quelque 350 millions d’euros. Parallèlement l’intégration de Postbank, déjà en cours, devrait permettre des économies de 500 millions d’euros supplémentaires sur le total de 3 milliards prévus.

Anshu Jain, qui partage la direction de Deutsche Bank avec l’Allemand Jürgen Fitschen, a par ailleurs annoncé «un changement de culture» dans la BFI, évoquant la nécessité de «mieux équilibrer» la rémunération des salariés et celle des actionnaires. Une façon de mettre en cause le haut niveau des salaires dans la BFI alors que les actionnaires ne touchent qu’un dividende très modeste et subissent une chute des cours.

C’est pourquoi la banque veut tout faire pour relever ses fonds propres sans faire appel une nouvelle fois à ses actionnaires. Afin de relever son core tier 1 à 10% d’ici au printemps prochain, la première banque allemande veut en priorité tailler dans ses actifs à risques. Ceux-ci s'élèvent à fin juin à 373 milliards d’euros. 29 milliards d’euros de ce portefeuille devront être vendus dans les semaines à venir.

Dès le mois de septembre, le tandem Jain-Fitschen veut révéler des détails supplémentaires sur la restructuration de la banque et le renforcement des fonds propres. C’est en automne aussi que les dirigeants se prononceront sur le sort de la gestion d’actifs après l’abandon des projets de vente de cette activité aux Etats-Unis.

Reste que dans l’affaire de la manipulation du Libor, les dirigeants actuels de Deutsche Bank ont reçu le soutien du président du conseil, Paul Achleitner, l’ancien directeur financier d’Allianz. Celui-ci affirme dans un communiqué qu’au niveau actuel de l’enquête aucun membre du directoire de Deutsche Bank n’a été mêlé d’une quelconque façon à cette affaire. Elle ne concernerait que des traders de la banque ayant agi pour leur propre compte.

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