Deutsche Bank fait le ménage dans ses comptes au quatrième trimestre
En révélant une perte avant impôts de 2,6 milliards d’euros pour le seul quatrième trimestre et un bénéfice net annuel de seulement 611 millions d’euros, le duo dirigeant Deutsche Bank depuis l'été dernier, Jürgen Fitschen et Anshu Jain, a présenté le plus mauvais résultat de la banque depuis 2008. Pour éviter de faire appel à ses actionnaires, le groupe a réduit les actifs pondérés du risque (RWA) de sa «bad bank» interne de 29 milliards d’euros.
Cette procédure lui a permis de dégager 2,5 milliards d’euros de capitaux. A cela s’ajoute une réduction d’actifs dans son cœur de métier de 51 milliards supplémentaires.
Selon Anshu Jain, la banque a procédé à une meilleure gestion de son portefeuille d’actifs, conjuguée à une réduction des risques et une amélioration du fonctionnement du groupe. «Les fonds ainsi dégagés sont l’équivalent d’une augmentation du capital de quelque 8 milliards d’euros» a précisé le co-président, soulignant que la hausse des fonds propres demeure sa «priorité absolue». Le ratio des fonds propres durs selon les règles de Bâle 3 s’élève désormais à 8%, dépassant les prévisions de septembre lorsque les nouveaux dirigeants avaient annoncé leur volonté d’atteindre à fin décembre 7,2%. L’objectif de la banque est désormais de passer à un taux de 8,5% à la fin mars. Grâce à cette optimisation Deutsche Bank est en mesure de verser à ses actionnaires un dividende inchangé de 75 centimes par action.
Pour l’instant aucune augmentation de capital n’est prévue, mais Jain ne l’exclut pas pour l’avenir. «Nous vivons dans un monde incertain et personne ne sait ce qui se passera demain» a-t-il souligné lors de la présentation du bilan hier à Francfort.
Parallèlement aux pertes liées à des dépréciation d’actifs le résultat de Deutsche Bank a également souffert d’une provision de 1,3 milliard d’euros sur les charges liées à ses nombreux litiges juridiques. Le groupe est notamment concerné par le scandale de la manipulation des taux de prêts interbancaires du Libor et de l’Euribor, par une vaste enquête en Allemagne de fraude fiscale sur les droits d'émission de CO2 ainsi que par la plainte de l’ancien magnat des médias, Kirch.
A cela s’ajoutent de nombreuses plaintes aux Etats-Unis où Deutsche Bank est impliquée dans la crise du marché immobilier. Jürgen Fitschen et Anshu Jain se sont donc bien gardés de faire des prévisions chiffrées sur les résultats attendus cette année.
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