Deloitte poursuit son offensive dans le domaine du conseil
Après avoir acquis l’an passé le pôle américain de conseil aux services publics de BearingPoint pour 350 millions de dollars, Deloitte est entré en négociations avec la société allemande de conseil en stratégie Roland Berger. Soumis à l’aval des associés de Roland Berger, qui devrait intervenir vers la mi-décembre 2010, la nouvelle entité, qui serait rebaptisée Deloitte Roland Berger, deviendrait le deuxième acteur du conseil en entreprises avec un chiffre d’affaires de 2,8 milliards de dollars (dont 2 milliard générés par Deloitte), derrière l’américain McKinsey.
Si Deloitte et Roland Berger ont confirmé les rumeurs de la presse allemande en indiquant être en discussions avancées sur le sujet, les deux sociétés n’ont pas souhaité faire de plus amples commentaires.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie de développement de Deloitte, qui avait annoncé en octobre prévoir d’investir plus d’un milliard de dollars au cours des cinq prochaines années. Deloitte, dont les activités de conseil représentent quelque 30% de ses revenus contre 44% pour les activités d’audit, entend par ailleurs recruter plus de 250.000 personnes sur cette période.
«Roland Berger est très peu présent aux Etats-Unis et Deloitte peu développé en Europe, notamment en Allemagne, et en Asie: la logique de ce projet est dès lors d’obtenir une couverture mondiale opérationnelle, très recherchée au sein du secteur. L’intégration des équipes, de cultures très différentes, ainsi que celle des méthodologies portant sur une offre et un profil clients assez similaires seront les principaux points de difficulté dans la création de la nouvelle entité », indique Lyonel Roüast, président Europe de Compass Management Consulting.
Dans le cadre d’un éventuel rapprochement avec Roland Berger, 250 associés pourraient être recrutés et atteindre le nombre de 850, croit savoir le Financial Times Deutschland. En France, Roland Berger compte 250 collaborateurs, dont 190 consultants et 23 associés, tandis que le pôle conseil de Deloitte emploierait 450 personnes.
«Ce projet de rapprochement me rend perplexe, estime pourtant Francis Rousseau, président d’Eurogroup Consulting. Alors que la réglementation, depuis l’affaire Enron, interdit à toute société de conseiller une entreprise qu’elle audite, je ne vois pas comment Roland Berger, exclusivement actif dans le conseil, abandonnerait la moitié de son fonds de commerce et donc de son niveau d’activité. »
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