Credit Suisse réduit en partie la voilure dans le fixed income
Le groupe helvétique veut rééquilibrer l’allocation de son capital entre la BFI et la banque privée, mais son effort global semble limité
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Amélie Laurin
Les résultats du troisième trimestre de Credit Suisse ont été accueillis fraîchement hier. La deuxième banque helvétique a perdu jusqu’à 3,5% en séance à Zurich, après avoir annoncé une division par deux des profits de sa banque d’investissement, à 229 millions de francs (186 milliards d’euros).
La division a notamment souffert dans le fixed income (produits de taux et change), dont les revenus ont chuté de 42% sur un an, contre -25% en moyenne chez les banques américaines. Affichant aussi la plus faible rentabilité des activités de BFI de Credit Suisse, le métier va être restructuré.
Si le groupe n’abandonne pas le fixed income comme UBS il y a un an, il va réduire les actifs pondérés du risque (RWA) de ses produits de taux de 16 à 9 milliards de dollars (11,6 à 6,5 milliards d’euros) d’ici à fin 2015. Une partie sera transférée à une nouvelle entité destinée aux actifs non stratégiques, sort également réservé à plusieurs pans de la banque privée, de l’ancienne division de gestion d’actifs et à certaines activités transfrontalières. Les équipes de taux pourraient en outre être réduites, car Credit Suisse compte passer la vitesse supérieure dans le trading électronique des produits de flux. Les dérivés seront quant à eux recentrés sur les produits les plus simples et dont la compensation peut être centralisée.
Cette restructuration vise à rééquilibrer le profil de risque du groupe au profit des métiers de gestion et au détriment de la BFI. Celle-ci devra seulement peser 50% des RWA du groupe fin 2015, contre 63% à fin juin. Néanmoins, «le marché attendait une réduction de voilure plus drastique dans la banque d’investissement, écrit Kian Abouhossein, analyste chez JPMorgan. La répartition du capital à 50-50 entre la banque d’investissement et les activités plus stables ne va pas assez loin pour nous sur le long terme, sachant que la banque d’investissement (de Credit Suisse) reste presque deux fois plus grosse que celle d’UBS en termes d’actifs pondérés du risque».
Pour fin 2015, Credit Suisse vise 250 milliards de francs de RWA globaux en normes Bâle 3, contre 285 milliards atttendus jusque-là pour fin 2013, et 261 milliards de francs à fin septembre 2013. L’effort paraît toutefois limité: au troisième trimestre, ses RWA ont déjà diminué de 20 milliards, dont 10 milliards économisés en BFI.
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