Credit Suisse et Deutsche Bank se préparent à des choix douloureux
L’heure des choix stratégiques approche pour Credit Suisse et Deutsche Bank. La banque helvétique n’a pas commenté hier l’article paru dimanche dans l’hebdomadaire Schweiz am Sontag. Mais les investisseurs jugeaient crédibles les pistes évoquées par le journal – une cession de l’activité de gestion de fortune aux Etats-Unis et des coupes claires dans les activités de marché et de prime brokerage. Tidjane Thiam, le nouveau patron de Credit Suisse, doit présenter le résultat de ses réflexions en octobre.
Les activités de gestion de fortune aux Etats-Unis représenteraient 115 milliards de dollars d’encours et emploieraient 370 conseillers financiers, évaluent les analystes de Morgan Stanley. «Nous estimions en juin que la division pourrait valoir entre 0,4 et 0,6 milliard de francs suisses, note Huw Van Steenis, l’analyste de la banque américaine. Il y a eu des précédents, comme la vente de la filiale de Barclays à Stifel». Début juin, la banque britannique a annoncé la vente à la société américaine de son enseigne Barclays Wealth Americas, qui compte 180 conseillers. La transaction doit être bouclée en novembre.
Schweiz am Sontag évoque aussi des réductions de voilure dans le financement des hedge funds et certains métiers de sa division taux, change et matières premières (FICC). «Notre scénario de base est que Credit Suisse réduira de 25% le capital alloué au prime brokerage et de 50% celui du trading macro et de certaines unités de FICC qui sous-performent, poursuit Huw Van Steenis. Pour remettre les choses dans leur contexte, au deuxième trimestre, Credit Suisse avait encore 60% de ses fonds propres exigibles au titre du ratio de levier alloués à sa division la moins performante – sa banque d’investissement».
Les perspectives ne sont guère plus réjouissantes chez Deutsche Bank. Alors que le conseil de surveillance de la banque s’est réuni en conclave la semaine dernière, Reuters indiquait hier que la banque allemande prévoit de supprimer 23.000 postes pour ramener son effectif à 75.000 salariés. Le chiffre est certes gonflé par l’effectif de Postbank (près de 15.000), promise à une scission, mais John Cryan, le nouveau patron du groupe, devrait avoir la main lourde pour les activités informatiques et les back-offices. Deutsche Bank doit dévoiler une mise à jour de son plan stratégique 2020 le 28 octobre lors de la publication de ses résultats.
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