Credit Suisse est visé par une plainte liée à une vente d’actifs en Azerbaïdjan
La banque est accusée par un homme d’affaires géorgien d’avoir vendu à bas prix en 2008 la part qu’il détenait dans le champ pétrolier de Kurovdag
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Yves-Marc Le Reour
Les litiges occasionnés par les cessions d’actifs réalisés dans les anciennes Républiques soviétiques n’en finissent pas de faire des vagues. Mais contrairement au cas de figure le plus fréquent où des oligarques s’affrontent devant les tribunaux, c’est un établissement bancaire, en l’occurrence Credit Suisse, qui est cette fois visé par une plainte liée à son rôle de conseil lors d’une transaction réalisée en 2008 sur le plus important gisement d’hydrocarbures onshore d’Azerbaïdjan.
Logée auprès de la Haute Cour de Londres, l’action en justice pour «rupture de contrat et négligence» émane de deux sociétés contrôlées par l’homme d’affaires géorgien Zaur Leshkasheli, rapporte le Financial Times. Ces dernières détenaient, à travers le groupe Caspian Energy, 51% des parts de Shirvan Oil, coentreprise créée avec la compagnie pétrolière nationale azerbaïdjanaise (Socar) pour développer le champ de Kurovdag. Situé à 125 km au sud-ouest de Bakou, ce gisement découvert en 1955 disposerait de réserves pétrolières recouvrables d’environ 200 millions de barils, selon les estimations de Socar. Les deux sociétés plaignantes reprochent à la banque suisse de ne pas avoir cherché à obtenir le meilleur prix à l’occasion de la cession de leur participation.
Alors que Caspian Energy a été racheté 245 millions de dollars en février 2008 par Berghoff Trading, groupe chypriote contrôlé par l’homme d’affaires russe Mikhaïl Shishkanov, Zaur Leshkasheli estime en effet que la vente de sa participation aurait pu lui rapporter au moins 700 millions de dollars, si la banque avait retenu d’autres candidats potentiels comme Netoil, Gazprom, PetroVietnam ou Tata Petrodyne. Il ajoute que deux offres «étaient supérieures à un milliard» et reproche à Credit Suisse d’avoir privilégié une vente lui permettant d’obtenir le remboursement d’un prêt contracté par la cible.
Dans le mémoire déposé pour sa défense auprès de la Haute Cour, la deuxième banque helvétique par le montant des actifs indique avoir donné à Zaur Leshkasheli suffisamment de temps pour trouver un acquéreur, avant de procéder à une vente forcée. Elle rejette également le fait que les sociétés plaignantes «aient encouru une quelconque perte» et l’argument selon lequel Caspian Energy «aurait pu être cédé pour une somme supérieure à 245 millions de dollars avant février 2008». Le montant du contentieux pourrait atteindre un demi-milliard de dollars.
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