Credit Suisse chercherait à avancer son émission obligataire contingente
Pointée récemment du doigt par la Banque nationale suisse (BNS) sur son niveau de fonds propres, Credit Suisse pourrait avancer son émission obligataire convertible contingente (CoCos). D’un montant de 6 milliards de francs suisses (5 milliards d’euros), l’émission devait initialement être lancée en octobre 2013. En février 2011, après avoir réalisé une émission similaire de 2 milliards de dollars (1,6 milliard d’euros), Credit Suisse avait obtenu un engagement pour cette nouvelle émission auprès de deux investisseurs, le groupe saoudien Olayan Group et Qatar Holding, qui détiennent respectivement 6,6 et 6,2% du capital actions de la banque.
Selon le journal suisse NZZ Am Sonntag, qui a dévoilé cette information, l’emprunt permettrait d’accroître le ratio de solvabilité de Credit Suisse sous Bâle 3 de 5,9 à 7,9%. Mi-juin, la BNS avait estimé que Credit Suisse «devait accroître de manière significative au cours de cette année ses capitaux propres». Le ratio de 5,9% se révèle en effet inférieur aux 7% qui seront requis en Europe et aux 10% en Suisse dans le cadre des nouvelles normes réglementaires.
Moody’s a par ailleurs dégradé de trois crans, de Aa1 à A1, la note de la dette long terme de Credit Suisse la semaine passée, avec perspectives stables. Selon CreditSights, la notation passée «était beaucoup trop élevée». Suite à la publication des résultats du premier trimestre, en avril, le bureau d’analyse crédit estimait que «la position capitalistique de la banque, bien que robuste par rapport aux autres banques européennes, n’est pas aussi solide que par le passé».
Le conseil d’administration de Credit Suisse, réuni le 22 juin, s’est toutefois dit «satisfait des progrès réalisés pour répondre aux critères de Bâle 3» et «confiant» sur le programme mis en place par la direction pour dépasser les exigences réglementaires. Pour autant, selon le NZZ Am Sonntag, le conseil serait en train d’établir une liste de successeurs potentiels à l’actuel dirigeant du groupe, Brady Dougan.
Interrogé par L’Agefi, Credit Suisse n’a pas souhaité faire de commentaires. Lundi, le titre a reculé de 2,7% à 17,5 euros sur la séance, enregistrant une baisse de 8% depuis les critiques émises par la Banque nationale suisse mi-juin.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions anticipent toujours une résistance des Bourses
Les Bourses japonaises et américaines devraient à peine progresser sur les six prochains mois. Paris dispose de près de 4% de potentiel de hausse, juste de quoi effacer le retard accumulé depuis le début de l’année. -
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Petit dernier« 18 propositions du GIEC sur 25 sont favorables à la croissance » : Ecologie & solutions, un nouveau think tank issu du monde de l’entreprise
Fondé par une dizaine de dirigeants et entrepreneurs ayant notamment participé à la création de CroissancePlus et Croissance Responsable, Ecologie & solutions développera une vision pragmatique et positive de la transition -
Mur démographiqueLes Ehpad ulcérés par le budget 2027
Malgré une hausse apparente des dépenses prévues, les textes budgétaires réservent de mauvaises surprises aux acteurs du grand âge -
Crise de nerfsLa dette française dans le chaudron des marchés, jusqu'où ?
Des investisseurs abandonnent la dette française au profit des emprunts allemands. La BCE est dans la ligne de mire