Crédit Agricole Assurances veut combler son retard en épargne retraite d’entreprise
Leader, de très loin, de la gestion de l’épargne salariale, avec Amundi, le groupe Crédit Agricole affiche une faiblesse s’agissant de l’épargne retraite d’entreprise, notamment celle collectée au titre du plan d’épargne retraite en entreprise (Pere, ex article 83). Si Amundi gère 42% des encours d’épargne salariale en France, et que près d’un tiers des 11 millions de salariés en bénéficiant lui sont affiliés, Crédit Agricole Assurances, en charge de la retraite d’entreprises pour le groupe, affiche une part de marché limitée. Elle est même faible (5% seulement), pour ce qui concerne l'épargne gérée dans le cadre du Pere.
Or les sommes collectées au titre de ce produit, qui sont encore modestes (2,4 milliards d’euros en 2016 pour l’ensemble du marché selon la FFA) s’inscrivent en hausse significative (+6% l’an dernier), en raison d’un attrait fiscal incontestable. Et elles s’avèrent beaucoup plus rémunératrices pour les intervenants financiers que l’épargne salariale standard du salarié moyen. D’où la volonté des dirigeants de Crédit Agricole Assurances de combler le retard dans ce domaine.
Pour y parvenir, «notre idée, c’est d’avoir une stratégie globale d’équipement», affirme Pierre Guillocheau, directeur des assurances collectives de Crédit Agricole Assurances. «Il faut faire comprendre aux dirigeants d’entreprise l’intérêt de faire gérer ces retraites supplémentaires en même temps que l’épargne salariale, au Crédit Agricole.»
La mise en place, voilà un an, d’une plate-forme globale, regroupant épargne salariale et retraite, commune à Amundi et à Crédit Agricole Assurances, s’inscrit dans cette stratégie. De même que l’annonce ce mardi du lancement du premier simulateur de retraite de global, c’est-à-dire prenant en compte à la fois la retraite obligatoire et celle acquise dans le cadre de l’entreprise. «3,5 millions de salariés auront accès à ce simulateur», insiste Pierre Guillocheau. «Il va contribuer aux efforts de pédagogie sur le sujet de retraites.» Autrement dit, en montrant aux salariés l’ampleur de la baisse de pouvoir d’achat lors du passage à la retraite, il va les inciter à réclamer à leur employeur un effort à ce sujet. Le dernier rapport du COR, estimant que les retraites par répartition n’atteindront pas l’équilibre avant des années, contribue aussi à cette «pédagogie».
Amundi estime à plus de 40.000 le nombre de salariés qui pourraient disposer de sa plate-forme globale, fin 2017.
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