Commerzbank rassure sur sa capacité à faire maigrir son bilan
Commerzbank, l’une des pires performances boursières du secteur bancaire européen en 2013, a enfin de bonnes nouvelles à annoncer aux investisseurs. La vente à Wells Fargo d’un portefeuille de prêts à l’immobilier commercial en Grande-Bretagne a démontré hier la capacité de la banque allemande à alléger son bilan à des conditions financières raisonnables. Le titre a fini la séance en hausse de 3,94 %, limitant à 42% le repli boursier depuis janvier.
La transaction couvre 5 milliards d’euros de prêts à l’immobilier commercial. Elle concerne en fait l’intégralité des activités en Grande-Bretagne de Hypothekenbank Frankfurt, l’ex-Eurohypo à l’origine d’une grosse part des difficultés de sa maison mère. Ses employés seront transférés à Wells Fargo. Le fonds Lone Star prendra également part à la transaction en rachetant grâce à un financement de la banque américaine la portion du portefeuille jugée non performante, soit 1,3 milliard de livres (1,5 milliard d’euros) selon Wells Fargo.
Commerzbank s’en tire avec une décote limitée, de 3,5% de la valeur nominale du portefeuille. La banque enregistrera une moins-value de 179 millions d’euros, dont 134 millions dans ses comptes à fin juin et le solde au troisième trimestre, au cours duquel la transaction doit être bouclée. En contrepartie, le groupe déconsolidera l’équivalent de 1,5 milliard d’actifs pondérés du risque, pour un gain en capital réglementaire de 133 millions. Au total, le bilan de la transaction s’avère neutre en termes de ratios de solvabilité.
«C’est une bonne nouvelle car la vente du portefeuille britannique s’est faite quasiment à la valeur comptable. Cela allège l’une des principales craintes au sujet de Commerzbank, à savoir qu’elle ne pourrait pas vendre son portefeuille non stratégique sans encaisser de lourdes pertes», réagit Michael Seufert, analyste chez Norddeutsche Landesbank.
Commerzbank a d’ailleurs abaissé de 93 milliards d’euros à «significativement moins de 90 milliards» son objectif cible pour ses actifs non stratégiques en 2016. Ce portefeuille, constitué de financements aux collectivités, à l’immobilier commercial et aux compagnies maritimes, atteignait 143 milliards à fin mars.
L’Etat allemand, actionnaire à 17% de Commerzbank, a par ailleurs démenti hier la vente de ses parts à des banques étrangères. Le magazine Focus lui en avait prêté l’intention samedi.
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