Citigroup sacrifie ses positions en Turquie pour redorer son ratio réglementaire
Citigroup réduit la voilure pour se conformer aux règles de Bâle 3. Moins de trois mois après avoir annoncé son intention de diminuer sa présence au capital de la banque turque Akbank, le groupe américain a placé 10,1% du capital à la bourse d’Istanbul. Deuxième actionnaire de la banque, Citigroup était entré au capital d’Akbank en janvier 2007 en achetant 20% auprès du holding Haci Omer Sabanci pour 3,1 milliards de dollars. Citigroup s’est engagé à conserver sa participation restante de 9,9% pendant au mois trois ans. Les deux établissements continueront de collaborer.
Citigroup est loin de faire une bonne affaire. Depuis l’annonce de sa volonté de réduire sa participation, le cours d’Akbank a chuté d’un quart. Au total, le produit de l’opération s'élève à 1,15 milliard de dollars au taux de change actuel, mais Citigroup enregistrera une perte après impôts de 243 millions de dollars dans ses comptes du deuxième trimestre. En prévision de sa sortie partielle, Citigroup avait également dû déprécier de 1,18 milliard de dollars la valeur de sa participation au premier trimestre 2012.
L’opération fait partie des engagements pris par Citigroup pour améliorer ses ratios réglementaires. La banque a calculé que la vente de ses 10,1% dans Akbank lui rapportera 23 points de base sur son ratio de fonds propres tier one sous Bâle 3. A la fin mars 2012, celui-ci s’élevait à 7,2%. Citigroup s’est engagé à porter son ratio à 8% à la fin de cette année, contre 9% par exemple pour BNP Paribas dès janvier 2013.
En mars dernier, Citigroup faisait partie des quatre banques américaines à avoir échoué aux tests de résistance du régulateur. En appliquant des conditions extrêmes à fin 2013 (chute de 21% des prix de l’immobilier, repli de 50% des marchés boursiers...), la Fed avait calculé que Citigroup pourrait faire face à 67 milliards de dollars de pertes de crédit (dont 27 milliards dans ses activités de cartes de crédit et 11,8 milliards dans ses activités de prêts commerciaux et industriels). Citigroup accuserait par ailleurs des pertes de trading et de contrepartie de 20,9 milliards de dollars.
Résultat, contrairement à ce qu’elle avait initialement promis, Citigroup ne pourra peut-être pas rémunérer ses actionnaires cette année comme prévu. D’ailleurs, la banque pourrait reporter à 2013 la présentation à la Fed de son plan de retour à l’actionnaire.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
- MoneyGram va payer 1,3 million d’euros pour ses failles dans la lutte contre le blanchiment
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France