Citigroup maintient les bonus de ses traders malgré des performances en berne
La réforme de la rémunération des bonus bancaires a des conséquences inattendues. Alors que les revenus de trading de Citigroup ont pâti cette année d’une volatilité globalement jugulée par les banques centrales, ses opérateurs devraient conserver une enveloppe en ligne avec celle distribuée au titre de 2013, selon une source citée par Bloomberg. Dans le même temps, le corporate finance devrait voir ses primes augmenter de seulement 2% à 3% malgré l’essor prononcé des opérations de M&A et des émissions de titres.
Cet effet de ciseau traduit le changement de calcul des bonus versés au sein des grandes banques d’investissement, désormais établis sur des bases pluriannuelles. L’activité de trading, dont les revenus ont baissé de 8% sur les neuf premiers mois de 2014, avait en effet profité d’une conjoncture nettement plus favorable en 2013, notamment dans la division actions, dont le produit net avait grimpé de 22%. A l’inverse, les revenus de la banque d’investissement ont vu leur croissance accélérer de 8% en 2013 à 11% sur les neuf premiers mois de l’année.
Si certains banquiers d’affaires de Citigroup pourraient obtenir une progression de 5% de leurs émoluments, la politique de rémunération de la banque américaine demeure obstruée par des performances toujours mitigées par rapport à ses pairs de Wall Street. Très présente dans le trading, qui pâtit des changements réglementaires, la banque est en outre impliquée dans le scandale du forex. Citigroup a ainsi annoncé qu’elle passerait une nouvelle charge de 2,7 milliards de dollars pour frais juridiques au quatrième trimestre.
Alors que Michel Corbat, le directeur général de Citigroup, demeure focalisé sur le contrôle des coûts, la banque Morgan Stanley peut à l’inverse se montrer généreuse. Deux mois après avoir publié de bons résultats trimestriels, elle a annoncé la semaine dernière qu’elle ramènerait la part des bonus à versement différé de 80% à 50%. La banque enregistrera en outre une charge supplémentaire de 1,2 milliard de dollars au quatrième trimestre pour accélérer le versement des bonus octroyés les années précédentes.
L’annonce de Morgan Stanley marque un tournant dans la politique de la banque, qui avait encore différé il y a un an le versement des bonus 2012 à 100%. Dans une récente étude, Moody’s s’était inquiété que de nombreux établissements aient encore des périodes de report trop courtes pour couvrir les risques de long terme.
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