Cerberus Capital souhaite sortir poing levé de Chrysler Financial

Après avoir mis en place un plan de redressement agressif de l’ex-filiale de Chrysler, Cerberus cherche aujourd’hui des acquéreurs potentiels
Patrick Aussannaire

Cerberus Capital Management repasse à l’offensive. En mettant en vente l’ancien bras de financement automobile du groupe Chrysler, Chrysler Financial, le fonds de private equity compte réaliser une bonne opération et redorer son image, très écornée par le fiasco de ses investissements dans Chrysler et GMAC.

Chrysler Financial est le seul vestige du plan de sauvetage du Trésor américain qui vit Cerberus perdre successivement le contrôle du constructeur automobile, passé dans le giron de Fiat, et de GMAC, aujourd’hui connu sous le nom d’Ally Financial, dans lequel Cerberus a gardé une participation réduite à 14,9%. Depuis ce fiasco, le fonds d’investissement s’est engagé dans des paris payants, notamment en investissant massivement dans des obligations indexées sur des crédits hypothécaires risqués. Cela lui a permis de réaliser environ 2 milliards de dollars de profits en 2009 grâce notamment à une performance de 20% de son fonds phare, Cerberus Institutional Partners LP Series IV, depuis le début de l’année.

Le groupe souhaite à présent tirer profit de l’amélioration du secteur automobile. Les analystes recommencent à considérer que Chrysler Financial est un bon vecteur de performance pour Cerberus qui cherche à faire gonfler sa valeur. En effet, avec un portefeuille de 26 milliards de dollars de prêts et environ 100 millions de dollars de nouveaux prêts réalisés au cours du premier semestre selon des sources Bloomberg, Chrysler Financial a une valeur comptable estimée entre 6 et 7 milliards de dollars. En outre, la société dispose de 2,2 milliards de trésorerie et de plus de 5 milliards d’investissements liquides.

Par ailleurs, Chrysler Financial est en train d’opérer, sous la houlette du très discret co-fondateur de Cerberus, Stephen Feinberg, un recentrage de sa stratégie vers le financement de sociétés moyennes, qui n’ont pas accès aux crédits bancaires ni aux marchés de financement, via la création d’une filiale nommée Greenstar Capital Finance. Ce segment de marché a été très largement abandonné par les banques, les prêts aux sociétés de taille moyenne ayant chuté à 4,3 milliards de dollars en 2009, contre 34,2 milliards en 2006, selon Standard & Poor’s. La société compte également assurer le financement de véhicules neufs et d’occasion auprès d’emprunteurs risqués.

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