CA CIB vise jusqu'à 200 millions d’euros d'économies d’ici à 2015
La rumeur circulait fin 2012. Les patrons de CA CIB l’ont démentie avant Noël: la banque de financement et d’investissement du Crédit Agricole n’entend pas lancer un nouveau plan de départs, après celui qui a conduit l’an dernier à la suppression d’environ 1.750 postes dans le monde. Mais ils ont bien confirmé que le groupe met plus que jamais l’accent sur les réductions de coûts, à l’heure où les revenus et la rentabilité des BFI se retrouvent structurellement sous pression.
CA CIB espère réaliser «150 à 200 millions d’euros d’économies supplémentaires à horizon 2015», selon plusieurs sources concordantes, qui citent des projections budgétaires faites aux salariés de la banque le 21 décembre. Le groupe ne commente pas. En 2011, sa base de coûts, qui intègre aussi de la banque privée, a atteint 4,1 milliards d’euros, dont 3,3 milliards pour la BFI hors activités en cours de cession et avant effets du plan de départs. La base de coûts annualisée de la seule BFI en 2012, retraitée des activités arrêtées, serait d’environ 2,7 milliards selon nos calculs.
La maîtrise des coûts est nécessaire si la banque veut atteindre son objectif d’un retour sur fonds propres de 10% à 12% à moyen terme, sachant que les cessions d’actifs nées de la contrainte du deleveraging amputent le produit net bancaire. En présentant au printemps 2011 son plan stratégique à trois ans, Crédit Agricole SA avait fixé comme objectif à sa filiale un ROE de 13% à 15% en 2014, une ambition rendue caduque dès l’été suivant par l’aggravation de la crise.
Pour réduire ses coûts, le groupe veut accélérer l’arrêt de certains métiers, comme sa gestion extinctive des dérivés. Les mutualisations de moyens ou la sous-traitance continueront aussi à être explorées. Même si la banque reste pour l’instant muette sur un intérêt éventuel pour le projet Mikado, ce transfert d’une partie des back-offices de la Société Générale chez Accenture sur une plate-forme qui sera ouverte à d’autres établissements. Dans l’optique de son déménagement prévu à Montrouge, CA CIB a enfin vendu un immeuble de son siège à La Défense pour 188 millions d’euros.
Dès lors, si le groupe a exclu un deuxième plan social d’envergure, des réductions d’effectifs ciblées dans certaines activités restent possibles. «Nous avons commencé à travailler sur un dispositif de préretraites maison, en lien avec le déménagement à Montrouge», ajoute un syndicaliste.
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