BTG Pactual veut croître dans le négoce des matières premières physiques

Après avoir étoffé ses équipes en interne, la banque brésilienne étudierait le rachat des activités de vente des matières premières physiques de JPMorgan
Antoine Duroyon

BTG Pactual se met en ordre de marche dans les «commodities». La banque d’investissement brésilienne a fortement renforcé ses équipes de trading au cours des derniers mois, en recrutant notamment Ricardo Leiman, l’ancien directeur général du courtier chinois Noble Group. Cet effort de croissance organique, avec à la clé un investissement chiffré à 300 millions de dollars (218 millions d’euros), pourrait être complété par des acquisitions.

Selon Bloomberg, BTG Pactual plancherait sur une offre de rachat de l’activité physique de matières premières de JPMorgan, laquelle inclut des entrepôts de métaux, des centrales électriques ou encore des sites de stockage de gaz et de pétrole. La banque américaine compterait tirer jusqu’à 3,3 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) de cette cession. BTG Pactual se situerait néanmoins encore en amont du processus, alors qu’un premier tour d’enchères est attendu avant la fin du mois. D’après des documents transmis par le vendeur, l’activité génère 750 millions de dollars de revenus annuels avant coûts de compensation.

Blythe Masters, chargée du pan «commodities» de JPMorgan, et à qui on attribue l’invention du credit default swap dans les années 1990, serait prête à poursuivre le pilotage de l’activité si le nouvel acquéreur donne son accord, toujours selon Bloomberg. BTG Pactual, dont les revenus dans le trading et les ventes ont bondi de 50% en 2012 (à 1,51 milliards de réaux, soit 503 millions d’euros environ), entend ainsi occuper le champ libre laissé par les banques de Wall Street.

Ces dernières anticipent une évolution réglementaire défavorable avec l’éventualité d’une suppression par la Fed de leur droit à détention d’actifs physiques liés aux matières premières. A cela s’ajoutent les déboires rencontrés par certains acteurs, à l’image de la filiale Metro de Goldman Sachs, critiquée pour la gestion de ses entrepôts de métaux. Les régulateurs s’intéressent à des pratiques présumées de rétention des stocks, destinées à tirer les prix vers le haut. Cette atmosphère de fin de règne s’est déjà traduite par les nombreux transferts de spécialistes vers les grands noms du courtage (Vitol, Trafigura, Glencore ou encore Mercuria).

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