Bruxelles juge Apple redevable de la somme record de 13 milliards d’euros d’impôts au moins
La Commission européenne juge Apple redevable d’au moins 13 milliards d’euros d’impôts impayés sur le territoire européen entre 2003 et 2014.
Dans une communication publique, mardi 29 août, elle considère que l’accord passé entre Apple et Dublin revient à soumettre le fabricant d'équipements à un impôt sur les bénéfices variant entre 0,005% et 1%. Margrethe Vestager, la Commissaire européenne à la concurrence, considère les «tax rulings» irlandais assimilables à une «aide d’Etat illégale».
L’exécutif européen considère toutefois que les impôts impayés en Irlande pourraient être réduits si d’autres pays, y compris les Etats-Unis, ordonnent à Apple de payer plus de taxes.
La Commission peut recommander un certain montant d’arriérés d’impôts, mais il incombe au fisc irlandais d’en déterminer la somme exacte, selon une source citée par Reuters.
Il n’en reste pas moins que la décision bruxelloise devrait fortement contrarier Washington qui a accusé Bruxelles de mener une campagne contre les grandes entreprises américaines qui réussissent en Europe.
En 2014 l’exécutif européen avait accusé l’Irlande de contourner le droit fiscal international en laissant le fabricant de l’iPhone domicilier sur son sol des dizaines de milliards de dollars très peu imposés en l'échange d’un maintien de l’emploi à son centre de Cork. Apple et Dublin ont rejeté l’accusation et dit qu’ils se pourvoieraient en appel contre toute décision défavorable, ce qu’a confirmé pour sa part le fabriquant américain, mardi.
Lors d’accords analogues passés entre les Pays-Bas et la chaîne de cafés Starbucks, ainsi qu’entre le Luxembourg et le constructeur italo-américain Fiat Chrysler, la Commission avait ordonné de ne récupérer que 30 millions d’euros. Les deux sociétés et les deux Etats ont fait appel de ces décisions.
Plus d'articles du même thème
-
La production industrielle européenne a baissé en août
Pour le troisième mois consécutif, la production industrielle a baissé en zone euro comme dans l’Union européenne. Les pays les plus touchés sont la Belgique, l’Irlande et le Portugal. -
Le superviseur bancaire français plaide pour une simplification accélérée des règles
La présentation du point annuel sur l’état du marché bancaire et assurantiel a été l’occasion pour l’ACPR de redonner la position du superviseur français sur les travaux de simplification et de compétitivité bancaire en cours au niveau de la Commission européenne et l’importance de pousser beaucoup plus loin l’union bancaire. -
Le compromis sur la supervision européenne des marchés ne satisfait pas la Commission
L’adoption d’une nouvelle version de MISP par le Conseil européen suscite la critique de la Commission qui aurait préféré conserver une supervision centralisée pour un plus grand nombre de plateformes d’échange.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
My money backL’ombre de Marine Le Pen sur le budget européen
La présidentielle française crée une pression sur le calendrier des discussions devant aboutir à la prochaine trajectoire financière de l’UE -
Tout douxMalmené dans les sondages, Edouard Philippe assume de ralentir le rythme des annonces
Trois études d'opinion entre mercredi et jeudi placent le maire du Havre en situation d'être éliminé au soir du premier tour de la présidentielle. L'intéressé assume pourtant de tenir son rythme. L'heure est à la répétition des mesures déjà connues -
EditorialMouvement du 17 octobre : la convergence des désillusions
Les prolétarisés de tout le pays s'unissent dans un contexte inflammable