Bruno Le Maire mise sur l’axe Paris-Berlin pour relancer l’intégration européenne
La France souhaite avancer dans l’harmonisation fiscale en zone euro, et cela commencera par un alignement de la fiscalité française sur les entreprises avec l’Allemagne dès l’année prochaine, a déclaré hier le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire. «L’objectif est d’atteindre un taux d’imposition commun sur les sociétés avec l’Allemagne en 2018 qui formerait la base d’une harmonisation au niveau des 19 Etats membres de la zone euro», a-t-il ainsi déclaré lors d’une interview avec l’agence Bloomberg. La France réalise «un effort considérable», a-t-il estimé en rappelant l’engagement du président de la République à réduire le taux d’impôt sur les sociétés à 25% d’ici la fin du quinquennat, contre 33% actuellement. «Nous demandons aux autres Etats membres de la zone euro de réaliser un effort similaire dans la direction inverse». Un porte-parole du ministère allemand des Finances indiquait hier que Berlin s’attendait à examiner des propositions spécifiques après les élections fédérales du 24 septembre.
Bruno Le Maire a également exprimé sa volonté de ne pas lier l’intégration économique et fiscale de la zone euro et la succession de Mario Draghi à la Banque centrale européenne, le mandat du gouverneur s’achevant en octobre 2019. «Nous avons encore du temps pour décider qui prendra les rênes de la BCE, a-t-il déclaré, mais nous ne devons pas attendre pour prendre des décisions concernant l’intégration de la zone euro.» Le ministre espère parvenir à un cadre commun pour l’harmonisation fiscale et esquisser les contours d’un futur Fonds monétaire européen dès le sommet de Bruxelles en décembre. «Je crois vraiment que nous pourrions être capables à la fin 2017 de faire un premier pas vers davantage d’intégration dans la zone euro.»
Dans un premier temps, Paris compte donc avancer sur une réforme de la fiscalité des géants de l’internet. «L’Europe doit apprendre à défendre ses intérêts économiques bien plus fermement – la Chine le fait, les Etats-Unis le font», a soutenu Bruno Le Maire. «Vous ne pouvez pas faire des affaires en France et en Europe sans payer les taxes que d’autres entreprises – françaises ou européennes – payent». Des propositions concrètes seront faites lors de la réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro les 15 et 16 septembre à Talinn, en Estonie, pour parvenir à des «règles plus simples» permettant une «taxation réelle» des activités des entreprises technologiques.
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