Bridgepoint Capital acquiert une société de gestion de la galaxie LCFR

Edmond de Rothschild Capital Partners, spécialisé dans l’acquisition de PME, va entrer dans le giron du spécialiste du LBO paneuropéen
Antoine Landrot

Le rapprochement de sociétés de gestion ne se dément pas dans le capital-investissement: Bridgepoint négocie avec La Compagnie financière Edmond de Rothschild (LCFR) la reprise de sa filiale Edmond de Rothschild Capital Partners (ERCP), consacrée aux LBO majoritaires small et midcap, sur des entreprises valorisées entre 30 et 200 millions d’euros. Plusieurs participants aux discussions ont confirmé à L’Agefi l’information parue hier dans Capital Finance. Une conclusion définitive est espérée pour fin avril ou début mai.

La négociation (dans laquelle Leonardo conseille Bridgepoint et Triago LCFR) porte sur la seule société de gestion – pas sur les intérêts de la Compagnie dans les deux fonds gérés par ERCP.

Alors que la collecte du deuxième (et dernier) véhicule d’ERCP datait d’octobre 2007, LCFR ne souhaitait pas soutenir la campagne d’un troisième fonds. Ce refus provoqua le départ en septembre dernier des deux fondateurs d’ERCP, Eric de Montgolfier et Erick Fouque, remplacés par Bertrand Demesse et Louis-Antoine Rouiller. Mais si leurs prédécesseurs détenaient 40% du capital de la société de gestion, eux n’ont pas de participations.

Comme d’autres firmes de private equity avant lui (par exemple Eurazeo avec Ofi PE, devenu Eurazeo PME), Bridgepoint, habitué aux LBO de taille significative (jusqu’à un milliard d’euros), a souhaité étoffer son équipe spécialisée dans les LBO sur les PME. «Aujourd’hui, les maisons sophistiquées comprennent que le marché du private equity est un écosystème. C’est pourquoi les gestionnaires du large cap tendent à élargir leur palette vers le midcap, et ceux du midcap vers le smallcap. Dans ce contexte, la vie devient difficile pour un acteur isolé de taille moyenne et purement national», indique un professionnel ayant regardé le dossier. Cet environnement ne militait pas pour une prise d’indépendance d’ERCP – autre solution possible. D’autant plus que le manque de cessions rend difficile l’appréciation de ses performances.

Baptisée Bridgepoint Capital Development et à la recherche d’entreprises valorisée entre 20 et 150 millions d’euros, l’équipe que rejoindra – sauf imprévu – ERCP est dirigée depuis 2013, en France, par Olivier Nemsguern, une figure emblématique du métier puisqu’il fut l’un des deal markers d’Activa Capital. Une personnalité à poigne, à même d’«optimiser les sorties pour les investisseurs», euphémise un négociateur.

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