Bpifrance va soutenir les titrisations de crédits de PME et ETI
La banque publique d’investissement, Bpifrance, va garantir des titrisations de crédits aux PME et ETI pour encourager les banques à prêter aux entreprises. Le lancement de cette initiative pilote a été annoncé lundi par le président de la République, François Hollande, qui y voit un outil de financement utile pour soutenir l’investissement.
L’initiative de Bpifrance part du constat que les banques restent les mieux positionnées pour financer les PME alors que les investisseurs institutionnels n’ont pas toujours les moyens de faire des «due diligences» pour s’engager sur ce segment de marché. Bpifrance souhaite donc rendre le crédit plus rentable pour les banques en soutenant des opérations déconsolidantes. L’institution garantira la part du portefeuille de prêts (entre 20% et 30%) que des banques auront cédée à un véhicule de titrisation.
A ce jour, Bpifrance est en discussion avec deux banques et espère réaliser une première émission d’ici à la fin de l’année. Le dispositif pourrait concerner jusqu’à 3 milliards d’euros de prêts de TPE ou d’entreprises plus importantes (avec des concours unitaires allant jusqu’à 3 millions d’euros). Les prêts auraient des caractéristiques variées et pourraient être aussi bien seniors que juniors. Bpifrance espère surtout intéresser des assureurs européens. Ils pourront se féliciter d’avoir une garantie alors qu’ils sont directement exposés à un risque de pertes lorsqu’ils investissent dans un fonds de prêts à l’économie.
«Cette opération est non tranchée pour pouvoir intéresser des assureurs dans le cadre de solvabilité 2 qui est assez discriminant pour les opérations tranchées», explique Jean-Yves Caminade, directeur des capitaux et du bilan de Bpifrance. Compte tenu des règles européennes de rétention du risque, «sur un portefeuille normal [en termes de risque] cette opération est effectivement plus intéressante pour les banques qu’une opération tranchée avec une garantie [par exemple de la Banque européenne d’investissement]», assure-t-il.
Jean-Yves Caminade reste cependant prudent sur la structure de l’opération alors que la Banque centrale européenne (BCE) doit encore détailler les modalités du programme d’achat de titrisations qui débutera en octobre: «On pourrait adapter le modèle de façon à ce que la BCE puisse racheter les titres», dit-il. Il ne donne pas plus de précisions sur le prix indicatif de l’opération. Son originalité et le possible manque de liquidité des titres émis pourraient le tirer à la hausse.
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