Bpifrance va muscler son offre de prêts participatifs
Alors que François Hollande présentait hier matin 34 plans d’action en matière de politique industrielle, Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, annonçait une bonne nouvelle aux membres de l’Association française des trésoriers d’entreprise: l’enveloppe consacrée par l’établissement public aux prêts participatifs devrait «augmenter très sensiblement» en 2014. Les négociations sont actuellement en cours avec Bercy et le montant de cette enveloppe devra être précisé par le Parlement, mais le principe d’un accroissement a été acté.
Considérés comme des quasi-fonds propres, les prêts participatifs ont l’avantage de renforcer la solvabilité d’une entreprise sans diluer ses actionnaires. En outre ils ne nécessitent pas de caution – même si des mécanismes de garantie existent, fournis entre autres par le Fonds européen d’investissement ou Bpifrance. Venant en complément d’un crédit bancaire ou d’un apport de fonds propres, ils financent les investissements des entreprises de croissance.
L’enveloppe que Bpifrance a consacrée à ces prêts – principalement sous la forme de contrats de développement participatifs (CDP) – n’a cessé d’augmenter depuis leur création en 2009 au sein, à l’époque, d’Oséo. De 600 millions d’euros en 2011, le montant des CDP est passé à 700 millions en 2012 et atteindra environ 800 millions cette année.
L’autre évolution possible concerne l’extension de la palette de maturité des CDP: jusqu’à présent prévus sur 7 ans (dont un différé d’amortissement du capital de deux ans), ils pourraient également être proposés sur 10 ans. «Il existe une forte demande des entreprises pour une telle maturité. Mais il faudrait pour cela trancher ces prêts et en titriser une partie, pour les vendre par exemple à l’assurance vie», a indiqué Nicolas Dufourcq. Ce qui implique encore que ces émetteurs ETI ou PME bénéficient d’une note de crédit, ce qui n’est pas le cas pour la majorité d’entre elles.
En revanche, les CDP, plafonnés à 3 millions d’euros, montrent leurs limites pour le financement de l’exportation, qui figure dans les priorités du gouvernement. Sur le modèle de la KfW allemande, Bpifrance va créer un département consacré au crédit acheteur à l’exportation, dont le rôle sera de fournir des liquidités en dollars aux banques qui financent l’achat de biens vendus par les entreprises françaises. Une offre inaugurée pour le paquebot récemment livré par STX France.
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