Bpifrance pousse les acteurs du capital investissement à se consolider
Halte à l’effet saupoudrage. Avec 1,3 milliard d’euros investis dans des PME en direct ou à travers des fonds partenaires en 2013, Bpifrance compte profiter de son rôle pivot dans le capital investissement en France pour pousser à la consolidation du secteur. La banque publique, qui a investi l’an dernier dans 266 fonds partenaires, a indiqué hier à l’occasion de son événement Capital Invest 2014 qu’elle ne sponsoriserait plus de nouvelles équipes de gestion à travers son activité fonds de fonds.
«Jusqu’à maintenant, Bpifrance et les sociétés intégrées en son sein en 2013 avaient favorisé la création et l’émergence de nouvelles équipes. Aujourd’hui, sauf cas particuliers, Bpifrance privilégiera la croissance et le rapprochement entre sociétés de gestion existantes et ne financera plus de nouvelles sociétés de gestion», souligne l’institution.
La Banque publique d’investissement motive cette décision par les besoins des entreprises en portefeuille. Celles-ci doivent s’internationaliser pour aller chercher de la croissance, et donc s’appuyer sur des sponsors puissants, eux-mêmes obligés de lever des fonds d’une certaine taille. «Pour atteindre des tickets correspondants aux besoins importants des entreprises (au-delà des 10, 20, voire dans certains cas 50 millions d’euros), il convient donc de lever des fonds de plus de 100 ou 500 millions, ce qui nécessite des sociétés de gestion importantes et confirmées», estime Bpifrance.
Le private equity est également poussé à se consolider du fait des contraintes réglementaires, coûteuses, et de la demande des investisseurs institutionnels. Ceux-ci cherchent «à limiter le nombre de lignes suivies, et donc à investir des tickets plus importants dans des sociétés confirmées et à la taille critique», souligne la Banque publique d’investissement.
Bpifrance a quelques arguments sonnants et trébuchants pour se faire entendre. D’après le bilan d’activité publié hier, au premier semestre 2014, les fonds de son portefeuille ont levé auprès d’elle 438 millions d’euros sur un total de 1,79 milliard, soit près de 25% du total. Dans son enquête semestrielle, l’Afic avait elle aussi pointé fin octobre l’importance des capitaux publics pour l’ensemble de la chaîne du private equity français, au-delà du soutien traditionnel des pouvoirs publics au capital risque et à l’amorçage.
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