Bpifrance poursuit son offensive sur le segment des prêts sans garantie
La bataille pour la croissance passe par les crédits bancaires sans garantie. A l’occasion de la présentation de ses résultats, marqués par une hausse de 9,2% de son résultat d’exploitation, à 388 millions d’euros, Bpifrance a martelé son souhait d’investir ce segment. «C’est la partie dont le marché a le plus besoin aujourd’hui et que nos partenaires bancaires ne peuvent pas réellement faire, puisque c’est la plus risquée», a souligné Nicolas Dufourcq, son directeur général, en commentant la hausse de 42%, à 1,7 milliard d’euros, des prêts octroyés en 2014.
Réalisés en co-financement à part égale avec les banques privées, ces prêts aux PME et ETI ont une durée de sept ans, avec deux ans de différé de remboursement, et servent à financer «l’immatériel» (le besoin en fonds de roulement, le développement, des recrutements de compétences, l’innovation, une stratégie export,…). «C’est le cœur, la ligne rouge du plan stratégique de Bpifrance», a insisté Nicolas Dufourcq.
La banque publique ambitionne de doubler son volume de prêts sans garantie à 3 milliards d’euros d’ici 2017, quand celui des prêts garantis demeurerait en ligne avec les 3,8 milliards (+3%) accordés l’an dernier. Bpifrance milite également pour obtenir davantage de Bruxelles dans le cadre du plan Juncker, auquel elle doit participer à hauteur de 3 milliards d’euros. «Ce qu’on demande avant tout à nos amis de la Commission (…) c’est de nous donner des sous [pour] faire plus de prêts sans garantie», a martelé Nicolas Dufourcq.
Destinés à soutenir la trésorerie des PME, les prêts à court terme ont pour leur part augmenté de 46%, à 4,9 milliards d’euros en 2014. Ils ont été dopés par la montée en puissance du préfinancement du CICE, en hausse de 200% à 2,4 milliards d’euros. Dans le capital-investissement, les volumes ont par ailleurs augmenté de 37%, à 1,4 milliard d’euros, du fait notamment d’un bond de 46% des souscriptions dans 40 fonds de private equity français (645 millions).
Bpifrance est par ailleurs revenu sur les résultats de l’AQR publiés à l’automne, qui a fait ressortir un ratio CET1 «stressé» très solide de 29,47% à fin décembre 2014. Compte tenu de la plus-value réalisée en septembre sur la cession de 1,9% du capital d’Orange et de la revalorisation du reliquat de sa participation, le résultat net de Bpifrance s’est gonflé de 154 millions à 1,28 milliard d’euros.
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