Bpifrance et le capital-investissement veulent faire cause commune
La création de Bpifrance, la banque publique d’investissement issue de la fusion de CDC Entreprises, du FSI et d’Oséo, a nourri beaucoup de craintes dans le monde du capital-investissement cette année. C’est pour les apaiser que l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic, qui représente le private equity français) et Bpifrance ont signé hier une «charte de bonnes pratiques», à l’occasion de la 9e édition de la journée du capital-développement.
«Nous connaissions certaines composantes de Bpifrance de longue date, puisque CDC Entreprises et FSI Régions comptaient parmi nos adhérents [Oséo étant membre associé, ndlr]. Mais la matérialisation d’un acteur public très puissant qui rassemble ces différentes entités a suscité des interrogations: Bpifrance allait-il concurrencer ou soutenir la profession, qui traverse des difficultés?», a rappelé Louis Godron, président de l’Afic. Il a donc rencontré Nicolas Dufourcq, directeur général du nouvel établissement, peu avant sa nomination, afin de «trouver une ligne directrice» aux futures relations entre Bpifrance et le monde du capital-investissement privé.
La charte présente des engagements quant à l’action de l’institution publique. Dans un contexte d’insuffisance de fonds privés, elle devra systématiquement rechercher des co-investisseurs. A défaut, elle se comportera conformément au principe européen d’investisseur avisé en économie de marché, c’est-à-dire agir en tant qu’investisseur prudent et responsable.
En situation d’appels d’offres concurrentiels, Bpifrance s’engage à toujours rechercher des partenaires privés pour co-investir pari passu (dans les mêmes conditions). En outre, le groupe n’a pas vocation à surenchérir sur des propositions d’acteurs privés, y compris dans des opérations de financement en dette, sauf s’il est membre d’un consortium comprenant des acteurs privés. «Néanmoins, Bpifrance peut proposer une offre de co-investissement indépendante, assortie d’un prix maximum, en vue de se joindre au consortium privé choisi à l’issue des enchères», précise la charte.
Enfin, l’Afic et Bpifrance revendiquent une pratique responsable de leur métier en promouvant les principes ESG. A ce propos, l’Afic va présenter une nouvelle version de ses engagements en la matière. Les deux protagonistes ont également convenu de se réunir au moins deux fois par an pour évaluer la mise en œuvre de la charte.
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