BNP Paribas vise les dépôts des entreprises
Ce n’est un secret pour personne: la future entrée en vigueur des règles de Bâle 3 pousse les banques à réduire leur bilan et accroître leur liquidité. Les entreprises sont une source potentielle importante de dépôts. C’est pourquoi la banque de financement et d’investissement (BFI) de BNP Paribas a mis en place ces dernières semaines une ligne de métier pour mieux les capter.
Baptisée «corporate deposits», elle regroupe les activités de financement des flux commerciaux (global trade solutions) et la gestion de trésorerie (international cash management»), considérées comme complémentaires. Cette initiative n’a pas de conséquence en terme d’organisation. Pierre Veyres continue de superviser global trade et Pierre Fersztand le cash management. En revanche, les deux offres feront l’objet d’une promotion commune auprès des clients.
«Traditionnellement, le coût de financement était le critère principal pour une banque. Nous levions l’argent là où il était le moins cher. Aujourd’hui, les dépôts des clients corporates sont au cœur de notre stratégie. Nous ne voulons plus de ceux des fonds monétaires américains», indique Alain Papiasse, le responsable de BNP Paribas CIB. La collecte des dépôts auprès de la BFI de l’établissement a progressé de 19% entre fin 2011 et le 30 septembre 2012, à 56 milliards d’euros.
Selon le dirigeant, le risque de guerre commerciale est moindre que pour les particuliers: «il est naturel que les dépôts demeurent dans la banque avec laquelle une société a établi une relation de proximité, nourrie de flux quotidiens».
En outre, cette concurrence serait limitée parce qu’«il n’existe plus que cinq ou six acteurs paneuropéens sur le marché». BNP Paribas CIB vante en effet sa capacité à servir l’ensemble des filiales de groupes à l’étranger. Revendiquant son modèle de banque universelle et fort d’un réseau international de filiales et succursales dotées de licences bancaires, le groupe s’estime bien placé pour s’adapter à la désintermédiation du financement de l’économie, favorisé par la nouvelle réglementation.
Cela dit, Alain Papiasse ne croit pas au glissement vers un modèle à l’américaine, dans lequel les marchés assurent les trois quarts du financement des entreprises. «Les obligations ne représentent que 16% de la dette des entreprises de la zone euro. Le marché ne remplacera pas la banque en Europe. Nous sommes à des années lumières des Etats-Unis», juge-t-il.
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