BNP Paribas CIB paye son écot à la crise en supprimant 1.400 postes
Pas de plan de sauvegarde de l’emploi pour BNP Paribas, contrairement à la Société Générale. Mais le «projet de plan de départs volontaires» annoncé aux syndicats hier matin est de grande ampleur: il concerne 1.396 postes au sein de la banque de financement et d’investissement (BFI) du groupe. La direction a justifié cette décision en évoquant la crise de la zone euro et l’accélération du calendrier de la réglementation prudentielle, qui l’avait amenée à annoncer le 10 septembre un plan de réduction d’actifs.
Le projet affecte donc 6,5% des effectifs de BNP Paribas CIB, qui employait 21.400 personnes à travers le monde au 30 septembre. Les activités basées en France sont davantage touchées en proportion, puisque sur les 3.300 professionnels qui y sont employés, 373 seront concernés. Soit environ 11,3% des effectifs. Contactée par L’Agefi, la banque souligne qu’il n’y aura pas de départs contraints en France, conformément au «pacte social» signé avec les syndicats. Mais ailleurs, la législation locale prévaudra. En Grèce, le groupe ferme CIB, soit 120 personnes, la moitié de son effectif dans le pays.
De nombreux métiers seront touchés. La volonté de BNP Paribas de réduire sa dépendance à l’égard du dollar la conduit à concentrer ses efforts sur les financements structurés. Ceux-ci regroupent les financements de projet, l’aéronautique et le naval, l’export, l’énergie et les matières premières. 318 postes, dont 116 en France, devraient y être supprimés, soit 15% des effectifs à travers le monde.
La réduction de voilure dans les activités financées en dollars est «structurelle», selon une source syndicale. Elle implique la mise en route du modèle d’«origination-distribution» (via la syndication ou la titrisation), au détriment du modèle traditionnel de prêteur, qui veut que les banques conservent leurs créances dans leur bilan.
L’autre pan principal des mesures concerne les activités de marchés. Les équipes exerçant sur les taux, change et dérivés seront amputées de 217 postes, tandis que les dérivés sur actions et matières premières (BNP Paribas SA uniquement) concentreront 130 suppressions. Effet collatéral de l’ensemble du plan, les fonctions support de la BFI subiront d’importantes coupes (547 postes).
La direction discutera avec les syndicats de l’accord de méthode le 22 novembre. La mise en œuvre du plan devra s’achever le 31 décembre 2012.
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