BNP Paribas alimente le marché secondaire des fonds de private equity
Jusqu’à récemment, BNP Paribas était la dernière grande banque française à ne pas avoir mis en vente d’importants portefeuilles de private equity (capital-investissement). C’est désormais chose faite depuis une dizaine de jours, comme l’a confirmé L’Agefi mardi, suite aux révélations du Financial Times de la veille.
De sources de marché, l’établissement de la rue d’Antin aurait mandaté UBS pour organiser cette transaction. La banque suisse n’a pas souhaité faire de commentaires. Le mandat porterait sur 85 lignes. Soit une petite partie des quelque 200 que porterait BNP Paribas dans son bilan. Au cours des années, la banque a en effet acquis des participations dans des fonds en parallèle de son activité de financement de LBO. On y trouverait de grands noms, comme PAI Europe III, 3i Europe Partners IV et Carlyle Europe Partners II, selon une note d’analyse de Preqin. Une pratique courante dans les banques, afin de générer des activités connexes (side business).
Le pôle «private funds» d’UBS fait partie des quelques acteurs qui dominent le conseil dans les transactions secondaires. Grâce à BNP Paribas, il interviendrait ainsi pour la première fois dans une opération française d’envergure, alors que le deal entre Crédit Agricole et Coller Capital en 2010 avait été intermédié par Cogent Partners et la scission de Natixis Private Equity confiée à Oddo.
En revanche, BNP Paribas n’aurait pas procédé à un appel d’offres au moment de recruter le conseil. Signe que la banque – avare de commentaires – souhaitait observer la plus grande discrétion sur cette opération. «BNP Paribas a toujours dit qu’il n’avait pas l’intention de vendre, si ce n’est quelques transactions ponctuelles opportunistes», affirme un professionnel du secteur. Le groupe n’aurait ainsi cédé qu’une dizaine de lignes l’année dernière.
Le début du processus de vente serait programmé pour janvier. Il reste à connaître le prix que BNP Paribas peut en tirer. Sur le marché, les prix obtenus par les acheteurs se sont redressés. Selon la dernière étude de Cogent, les transactions secondaires relatives aux fonds de LBO, qui se négociaient à 38% de l’actif net réévalué au cours du premier semestre 2009, se concluaient à 87% de l’ANR au premier semestre 2011. Cela dit, des écarts importants subsistent selon la composition des portefeuilles. Les méga-fonds de LBO surclassent nettement les portefeuilles en fin de vie (95,6% contre 81,6%).
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