BlackRock profite à son tour des conditions d’emprunt européennes
Le niveau historiquement faible des taux n’a pas que des inconvénients pour les gérants d’actifs. Encore accentué en zone euro en début d’année par le lancement de l’assouplissement quantitatif de la BCE, ce phénomène leur complique la tâche pour soigner le rendement de leurs fonds mais il est précieux pour l’optimisation de bilan, à l’image de l’émission réalisée ce mardi par BlackRock.
Emboîtant le pas à d’autres sociétés américaines, le premier gérant mondial a ainsi réalisé sa première levée obligataire en euros en plaçant 700 millions à 10 ans à un spread de 78 points de base (pb) au-dessus des taux mid-swaps.
Signe de l’engouement des investisseurs pour cette nouvelle signature en euros, la marge indicative de l’émission, dirigée par Barclays, Citi et JPMorgan, a été réduite par deux fois pour atteindre une ristourne globale de 7 pb. Noté AA- chez S&P, BlackRock ainsi emprunté près de 15 pb en deçà du niveau atteint mardi par les spreads «Investment Grade» mesurés par les indices BofA Merrill Lynch.
A première vue opportuniste, l’opération s’avère particulièrement avantageuse étant donné la nette décrue des taux intervenue depuis l’an dernier. Alors que les titres émis ce mardi offrent un coupon de 1,25%, le gérant avait placé en mars dernier 1 milliard de dollars d’obligations à 10 ans donnant droit à un coupon de 3,50% pour financer «des usages généraux incluant le refinancement de la dette existante».
Peu leveragé, le groupe affichait à la fin décembre un endettement à long terme de 4,9 milliards de dollars, à comparer à un résultat opérationnel de 4,5 milliards. Sur ce montant, le groupe doit faire face à une tombée de 750 millions de dollars en juin prochain, portant un coupon de 1,375%. Les tombées suivantes interviennent en 2017 et 2019 et concernent respectivement 700 millions de dollars de titres offrant un coupon de 6,25%, puis 1 milliard d’obligations à 5%.
Outre un refinancement à bon compte de sa dette, dont la charge d’intérêts a totalisé 232 millions de dollars l’an dernier, BlackRock pourrait également accélérer son programme de rachat d’actions, qui a totalisé 1 milliard de dollars en 2014 via le rachat de 3,4 millions de titres. «En janvier 2015, le conseil d’administration a approuvé une augmentation des titres éligibles au programme à [un stock de] 9,4 millions», souligne le rapport annuel 2014 de BlackRock.
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