BC Partners s’offre Allflex pour un milliard d’euros
Principale participation du britannique Electra, le spécialiste de l’identification du bétail est valorisé 11,3 fois son Ebitda.
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Amélie Laurin
BC Partners s’est finalement imposé. Le fonds britannique est entré en négociations exclusives pour racheter Allflex à son compatriote Electra pour 1,3 milliard de dollars (995 millions d’euros). Une fois Charterhouse et EQT écartés, restaient en lice Axa Private Equity, KKR et les industriels Danaher et DeLaval (groupe Tetra Laval) pour la reprise du numéro un mondial de l’identification des troupeaux (boucles plastiques et systèmes électroniques), dont le siège est en France.
«Ca s’est joué dans un mouchoir de poche, affirme Jean-Baptiste Wautier, associé chez BC Partners. Le management souhaitait un nouveau LBO et les fonds avaient la capacité d’aller plus vite que les industriels et de monter un financement covenant light (à procédure allégée, ndlr). Nous l’avons emporté notamment parce que c’est une entreprise que nous suivions depuis de nombreuses années». Allflex est valorisé 11,3 fois son Ebitda prévisionnel 2013 (115 millions de dollars pour 300 millions de revenus), grâce à son profil très international et aux perspectives d’un marché dopé par les scandales sanitaires et la recherche d’une plus grande traçabilité du bétail. En cédant sa principale participation, acquise en 1998, Electra va réaliser une plus-value brute de 398 millions de livres, 15 fois sa mise initiale, pour un taux de rendement interne de 28%. Une opération hors norme pour ce «Wendel» anglais.
Le nouveau LBO sera financé avec 500 millions de dollars de fonds propres et 800 millions de dette, qui s’ajoutent à la dette existante de 250 millions. Monté par Morgan Stanley, BoA Merrill, Goldman Sachs et Royal Bank of Canada, «le financement sera libellé en dollars car la profondeur du marché américain est sans commune mesure avec le marché européen, indique Jean-Baptiste Wautier. Ce crédit premier lien et second lien d’une durée de six ou sept ans offrira une rémunération entre 6,5 et 7% (Libor + 500 pb avec un plancher à 1,25 pour le Libor)».
Ce placement privé a été préféré à une émission obligataire. «Le management y était réticent car cela obligeait à la transparence publique sur les marges de l’entreprise, qui travaille beaucoup avec les fédérations agricoles », assure un banquier.
A la signature définitive, en juillet, BC Partners détiendra 80 à 90% de la holding américaine d’Allflex. Le reste sera entre les mains de huit à neuf dirigeants, emmenés par le directeur général Jacques Martin, et d’une vingtaine de managers.
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