Barclays poursuit sa cure d’amaigrissement
Barclays a annoncé hier la suppression de 7.000 emplois dans ses activités de banque d’investissement d’ici à 2016 et la création d’une structure de défaisance regroupant essentiellement ses actifs à risques dans la BFI et l’ensemble de ses opérations de banque de détail en Europe, dont la France. Sous la houlette du français Eric Bommensath, actuellement co-patron de la banque d’investissement, cette entité englobera 115 milliards de livres d’actifs risqués, destinés à être ramenés à quelque 50 milliards d’ici à la fin 2016.
Le couperet est finalement tombé pour les opérations de banque d’investissement de Barclays. Hier, à l’occasion d’un repositionnement stratégique, la banque britannique a annoncé la suppression de 19.000 postes dans cette division d’ici à 2016. Le groupe, qui avait fait part en février de la suppression de 10.000 à 12.000 emplois pour cette année toutes opérations confondues, a ainsi revu à la hausse ce chiffre pour le porter à 14.000 en 2014.
Largement attendu, le redimensionnement des opérations d’investissement fait suite à la division par deux des profits imposables de cette activité au premier trimestre et au départ d’un certain nombre de dirigeants au sein de la BFI ces dernières semaines. Quelque 90 milliards de livres d’actifs à risques issus de la BFI seront ainsi placés dans une nouvelle structure de défaisance appelée «Barclays non-core» : négoce de matières premières devenues non prioritaires ou produits liés aux marchés émergents en feront partie. La banque d’investissement ne devrait ainsi plus représenter que 30% du groupe à l’issue de ces changements, comparé à 50% aujourd’hui.
Le périmètre de cette structure de défaisance sera aussi étendu à la totalité des actifs de banque de détail de Barclays en Europe (dont la France), largement déficitaire en 2013, et à des opérations ciblées en banque commerciale, banque privée et au sein de Barclaycard. Au total, cette structure va couvrir 115 milliards de livres d’actifs risqués, qui seront ramenés à 50 milliards de livres d’ici à la fin 2016.
«Afin de savoir quelles activités nous devions placer dans les divisions centrale ou non-centrale, nous les avons jugées en fonction de leur attractivité stratégique et de leur capacité à générer des retours sur investissement suffisants», a souligné hier Antony Jenkins, directeur général de Barclays. Selon la nouvelle orientation stratégique, les activités dans la division non-centrale seront à terme vendues ou abandonnées. «Nous avons pris aujourd’hui la décision de créer cette entité mais nous ne savons pas encore quel chemin nous prendrons», a poursuivi le dirigeant.
Barclays avait ainsi déjà essayé de vendre ses opérations hexagonales en 2012 avant de jeter l’éponge. A l’inverse, la banque britannique, qui se définit désormais comme une banque internationale ciblée, entend se concentrer désormais sur ses activités de banque de détail et commerciale au Royaume-Uni, sur sa filiale de cartes de crédit ainsi que sur ses activités en Afrique.
Ces nouvelles mesures devraient se traduire par 800 millions de livres de coûts exceptionnels, qui s’ajoutent aux 2,7 milliards de livres annoncés en février 2013 à l’occasion de la présentation du plan Transform. Le groupe espère aussi améliorer d’ici à 2016 son ratio de distribution de dividende jusqu’à 50% de son bénéfice ajusté alors qu’elle pariait sur 40% jusqu’à présent.
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