Barclays PE cède Aerocan à point nommé pour lever son quatrième fonds
Céder des participations en affichant des plus-values séduisantes est un excellent moyen pour les sociétés de capital-investissement de convaincre les investisseurs de participer à leur prochaine collecte. La chose est d’autant plus indispensable que l’activité et les performances des fonds ont été pour le mieux médiocres au cours des années 2008 et 2009, et que les investisseurs sont devenus méfiants à l’égard des professionnels et des promesses du private equity.
Le moment est donc particulièrement bienvenu pour Barclays Private Equity (PE), qui vient de céder le groupe français Aerocan (ex-Cebal Aérosols, spécialisé dans les aérosols en aluminium) à l’américain Ball Corporation pour 221 millions d’euros dette comprise. Le prix de cession permet à Barclays PE de tripler son investissement initial; une perspective qui explique que la firme ait accepté de céder l’entreprise – avec l’accord de ses dirigeants, qui contrôlaient 35% du capital – alors qu’elle en avait pris le contrôle en septembre 2008 seulement. Mais la croissance affichée par l’entreprise (qui réalise une centaine de millions d’euros de chiffre d’affaires) pendant la crise a suscité l’intérêt de plusieurs groupes industriels.
Cet intérêt tombe donc à pic pour Barclays PE, qui a débuté il y a environ un mois le marketing de son quatrième fonds auprès des investisseurs institutionnels et va se séparer de Barclays. L’objectif indicatif a été fixé à 1,5 milliard d’euros, soit 900 millions de moins que le précédent – une initiative fréquente dans le secteur du capital-investissement étant donné le contexte actuel. Un premier closing est espéré pour la fin du premier trimestre 2011.
Cela dit, le marché est clairement entré en phase de collecte. Avec son 1,5 milliard, Barclays PE n’entre pas dans le top 15 des fonds les plus importants en cours de levée dans le monde (voir tableau). Anticipant et accompagnant le retrait de compagnies d’assurances (en raison des futures règles Solvabilité 2) et de banques, notamment américaines (en raison de la nouvelle loi Dodd-Frank), de cette classe d’actifs peu liquide, les véhicules secondaires d’un montant très important se multiplient. Le dernier en date est sans conteste le sixième fonds de Coller Capital, qui entend collecter quelque 5 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Berkshire Hathaway accélère ses rachats d’actions malgré un trimestre médiocre
La baisse des résultats du conglomérat américain provient en grande partie de la contre-performance de ses activités d’assurance et de réassurance. -
Le risque politique sur la tech tétanise Wall Street
Les actions américaines, notamment liées à l’IA, ont légèrement rebondi vendredi mais après une des pires chutes des valeurs technologiques la veille. Les investisseurs se veulent prudents malgré la baisse des valorisations. Les risques sont encore trop élevés. -
« La hausse des bénéfices du S&P 500 devrait surtout compenser des valorisations exigeantes »
François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Bras de ferPrimaire, immigration : sous pression, Edouard Philippe accélère
Critiqué pour ses propos sur l'immigration, déstabilisé par le débat sur la primaire, le candidat Horizons a cinq semaines pour s'extirper du piège -
EditorialProgramme de Jean-Luc Mélenchon : on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas
Après la publication de son programme et son meeting du Bourget, nous savons exactement ce qui nous attend si le candidat insoumis est élu président de la République -
AffichageProposition d'adoption d'une règle d'or en urgence : le coup de com' de Bardella
Le président du parti à la flamme réclame au gouvernement un projet de loi constitutionnelle pour adopter une règle d’or budgétaire. Objectif affiché : « avoir, dans un délai de quelques semaines, un cadre clair pour faire aboutir le budget 2027 »