Barclays est attendue au tournant pour sa journée investisseurs
Semaine chargée pour Barclays. Après ses résultats trimestriels demain, la banque britannique dévoilera enfin ses intentions le 8 mai, lors d’une journée investisseurs. Les marchés s’attendent déjà à une restructuration de sa banque d’investissement et de marchés (BFI) et à la création d’une bad bank interne, après les informations distillées ces dernières semaines dans la presse anglo-saxonne, mais non confirmées par le groupe.
Créée bien après celle de nombreux concurrents, la structure de défaisance de Barclays devrait regrouper les activités de matières premières, après la décision du groupe de quitter la plupart des marchés de ressources naturelles sous la pression réglementaire, économique et judiciaire. Elle pourrait aussi inclure les réseaux de détail en France et en Europe du Sud, selon le Financial Times, et les crédits rangés l’an dernier dans la division Exit Quadrant (54 milliards de livres à fin 2013). La nouvelle division devrait être dirigée par le Français Eric Bommensath, le co-responsable mondial de la BFI, qui ne faisait pas l’unanimité.
Tom King devrait rester seul aux commandes de la banque d’investissement, soumise à une énième réorganisation. Si elle s’annonce plus radicale, l’objectif est toujours le même: améliorer la rentabilité et en finir avec les litiges et la culture de l’arrogance, pour partie héritée des activités américaines de Lehman Brothers. La division pourrait licencier plusieurs milliers de collaborateurs. Jusqu’à 7.500 ou 30% des effectifs, selon le courtier Sanford C. Bernstein qui table sur 5.000 coupes dans le fixed income européen (taux, change et matières premières), le cœur historique de Barclays Capital. La banque s’est déjà séparée la semaine dernière de son patron aux Etats-Unis, Skip McGee, un ex-Lehman peu compatible avec les nouvelles exigences américaines envers les banques étrangères. L’une de ses adjointes vient de rejoindre UBS et le patron Asie quitte aussi le groupe.
Les analystes d’UBS sont repassés à l’achat sur le titre Barclays, anticipant une restructuration bénéfique au cours. Il est actuellement soutenu par la banque de détail britannique, Barclaycard et l’Afrique, plus que par la BFI qui perd de l’argent ou offre un rendement inférieur au coût du capital. Credit Suisse s’attend toutefois à «une valeur ajoutée modérée» et à un impact minimal sur le rendement des fonds propres tangibles du groupe, estimé à 11% en 2016 contre un scénario de base à 10,6%.
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