Axa se convertit au financement d’infrastructures
Après la dette immobilière dès 2005 et les prêts aux entreprises l’année dernière, Axa se lance dans le financement des infrastructures. L’assureur français est ambitieux: il a annoncé hier son intention d’investir 10 milliards d’euros dans cette classe d’actifs au cours des cinq prochaines années. «Nous regardons les différentes classes d’actifs qui correspondent aux besoins du bilan d’Axa. Les infrastructures produisent des flux stables et prévisibles, auxquels les passifs à long terme des assureurs peuvent s’adosser», indique Emmanuelle Nasse-Bridier, directrice des investissements crédit du groupe. Cet intérêt rejoint celui des banques, amenées à gérer leur bilan avec parcimonie.
Ces 10 milliards resteront une goutte d’eau dans le bilan d’Axa: l’actif général de l’assureur atteignait 491 milliards d’euros au 31 décembre 2012. Les obligations d’Etat en représentaient 45%, les obligations d’entreprises 31%, l’immobilier 5% et les actions 3%. Les prêts aux infrastructures se limitaient au milliard d’euros.
Axa veut investir de quelques dizaines à 500 millions d’euros par opération. Sa stratégie d’intervention est en cours d’élaboration. Mais les financements se concentreront d’abord sur l’Europe. Ils pourront ensuite s’ouvrir aux marchés émergents. Axa est prudent. «Nous avons commencé par l’immobilier commercial, dans lequel l’analyse des actifs sous-jacents et de la génération de flux de trésorerie est importante. Le groupe a poursuivi dans la dette des entreprises, où il est nécessaire de comprendre la documentation et le fonctionnement des clauses (ou covenants). La dette infrastructure est le prolongement naturel du déploiement des investissements en dette», explique Emmanuelle Nasse-Bridier. Les opérations seront d’ailleurs menées par l’équipe de gérants d’Axa Real Estate.
Cela dit, Axa devra probablement négocier les contrats âprement. «Dans les infrastructures, l’émetteur de la dette peut préférer de la souplesse, avec notamment des clauses de remboursement anticipé, alors que les assureurs privilégient des structures longues et fixes. La convergence peut se faire sur certains types de projets, expliquait la semaine dernière Laurent Clamagirand, directeur des investissements du groupe à la conférence de l’EIFR, l’Institut européen de réglementation financière. Les annonces sont quotidiennes, mais trouver des financements à des conditions convenables n’est pas toujours aisé».
Plus d'articles du même thème
-
Un tiers des successions des dirigeants du SBF 120 en 2025 n’était pas planifié
La succession des directeurs généraux est devenue une priorité permanente de gouvernance. Une bonne préparation dépend de la qualité de la relation du conseil avec le dirigeant en place. Quand ce dernier est doté d’une forte personnalité, la gestion de la succession risque d’être plus complexe. -
Les fabricants de puces forcent la porte du «club des 1.000 milliards» en Bourse
Mardi, Micron a franchi pour la première fois la barre des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière après qu'UBS a presque triplé son objectif de cours. Mercredi, le sud-coréen SK Hynix lui a emboité le pas. -
Les 3M, ces trois freins à la guerre qui n’ont plus d’effet
La pression sur Donald Trump liée aux élections de mi-mandat, aux marchés et aux munitions (les 3M) devait aboutir à une désescalade rapide du conflit en Iran, et guider des arbitrages qui n’ont pas vraiment eu lieu sur les marchés financiers. De quoi craindre un potentiel enlisement.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La Société Générale est la seule banque française retenue par SpaceX pour son IPO
- Arkema et Solvay ont adopté des stratégies de croissance divergentes
- Richemont surnage dans un secteur du luxe à l’arrêt
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
Contenu de nos partenaires
-
Ce qui nous attend« Avec l'IA, les entreprises vont avoir besoin de beaucoup d’experts à la croisée du juridique et de la tech »
Pour Vincent Huguet, cofondateur et CEO de Malt, le besoin de conformité à venir des entreprises pour satisfaire aux règlementations européennes va faire naître de nouveaux métiers, à l'image des délégués à la protection des données (DPO) lors du RGPD. -
InnovationNouvelles techniques de génétique végétale : les députés européens à l'heure des choix
Le cadre réglementaire européen pour les « nouvelles techniques génomiques » (NGT) de sélection variétale est entré dans sa dernière ligne droite, avec des oppositions farouches -
« C’est une capitulation » : la mise en garde de Bruno Retailleau au gouvernement sur l'immigration de travail
Interrogé par l’Opinion, le candidat des Républicains à la présidentielle dénonce la tentation de desserrer les critères de régularisation. « Comme d’habitude, le gouvernement risque de se coucher devant les injonctions de la gauche, accuse-t-il. Il ne cherche qu’une occasion d’ouvrir les vannes »