Axa se convertit au financement d’infrastructures

Après s’est tenu éloigné de cette classe d’actifs, l’assureur veut lui consacrer 10 milliards d’euros dans les cinq ans qui viennent
Antoine Landrot

Après la dette immobilière dès 2005 et les prêts aux entreprises l’année dernière, Axa se lance dans le financement des infrastructures. L’assureur français est ambitieux: il a annoncé hier son intention d’investir 10 milliards d’euros dans cette classe d’actifs au cours des cinq prochaines années. «Nous regardons les différentes classes d’actifs qui correspondent aux besoins du bilan d’Axa. Les infrastructures produisent des flux stables et prévisibles, auxquels les passifs à long terme des assureurs peuvent s’adosser», indique Emmanuelle Nasse-Bridier, directrice des investissements crédit du groupe. Cet intérêt rejoint celui des banques, amenées à gérer leur bilan avec parcimonie.

Ces 10 milliards resteront une goutte d’eau dans le bilan d’Axa: l’actif général de l’assureur atteignait 491 milliards d’euros au 31 décembre 2012. Les obligations d’Etat en représentaient 45%, les obligations d’entreprises 31%, l’immobilier 5% et les actions 3%. Les prêts aux infrastructures se limitaient au milliard d’euros.

Axa veut investir de quelques dizaines à 500 millions d’euros par opération. Sa stratégie d’intervention est en cours d’élaboration. Mais les financements se concentreront d’abord sur l’Europe. Ils pourront ensuite s’ouvrir aux marchés émergents. Axa est prudent. «Nous avons commencé par l’immobilier commercial, dans lequel l’analyse des actifs sous-jacents et de la génération de flux de trésorerie est importante. Le groupe a poursuivi dans la dette des entreprises, où il est nécessaire de comprendre la documentation et le fonctionnement des clauses (ou covenants). La dette infrastructure est le prolongement naturel du déploiement des investissements en dette», explique Emmanuelle Nasse-Bridier. Les opérations seront d’ailleurs menées par l’équipe de gérants d’Axa Real Estate.

Cela dit, Axa devra probablement négocier les contrats âprement. «Dans les infrastructures, l’émetteur de la dette peut préférer de la souplesse, avec notamment des clauses de remboursement anticipé, alors que les assureurs privilégient des structures longues et fixes. La convergence peut se faire sur certains types de projets, expliquait la semaine dernière Laurent Clamagirand, directeur des investissements du groupe à la conférence de l’EIFR, l’Institut européen de réglementation financière. Les annonces sont quotidiennes, mais trouver des financements à des conditions convenables n’est pas toujours aisé».

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