Axa et la Société Générale s’associent dans la dette privée aux entreprises
Sur la désintermédiation du crédit, la Société Générale est la première banque française à dégainer. Après un an de discussion, elle s’est associée à Axa pour proposer aux entreprises un financement sous forme de placement privé via un fonds commun de placement.
Les montants unitaires seront compris entre 30 et 100 millions d’euros: l’assureur en sera le souscripteur principal (à une proportion indicative de 80%), tandis que la Société Générale prendra le solde. Axa n’a pas divulgué le montant total qu’il entend y consacrer, mais Nicolas Moreau, directeur général d’Axa France, a indiqué hier prévoir entre 500 millions et un milliard d’euros en 2012.
Le financement aura le même rang de priorité que la dette bancaire. «La maturité de ces prêts devrait pour l’essentiel être de cinq ans, mais pourra dans certains cas atteindre sept ans», explique à L’Agefi Vincent Tricon, directeur de SG Mid Caps Investment Banking, département commun entre la banque d’investissement et le réseau français du groupe. Les marges pratiquées excéderont celle d’une dette bancaire et demeureront inférieures à la dette obligataire.
Cette initiative permet à Axa de diversifier ses placements dans le contexte des règles de Solvabilité 2. « Le placement privé de dette pour les émetteurs européens existe déjà aux Etats-Unis, à travers l’USPP, et en Allemagne avec le Schuldschein», précise Vincent Tricon. Axa travaille sur le même type de partenariat avec le Crédit Agricole et projette d’étendre ces opérations à l’Allemagne, au Royaume-Uni, puis à l’Italie.
Les emprunteurs devront remplir des conditions de solidité. L’offre est destinée aux entreprises dont les revenus sont compris entre 250 millions et un milliard d’euros. «Les émetteurs notés investment grade par nos services devraient représenter environ deux tiers du portefeuille. En outre, ces placements ne serviront en aucun cas à des montages de dette LBO», précise Vincent Tricon.
Les banques européennes ayant restreint les crédits, les émetteurs du Vieux Continent ont représenté 37% des montants émis via l’USPP en 2011. Pour les banques européennes, cette solution permet de continuer à alléger leur bilan et de passer au modèle arranger/distribuer, induit par la future réglementation bancaire. «Dans le cadre de Bâle 3, nous travaillons à attirer davantage d’investisseurs vers les PME dans le cadre de placements privés », déclarait en écho Jean-Daniel Wurtz, responsable du marché des entreprises de BNP Paribas, mardi dernier.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt