Axa concrétise son accord avec le Crédit Agricole dans le financement
Après avoir annoncé un accord avec la Société Générale en juin, puis une première transaction en août dernier, Axa a annoncé hier la signature d’un premier prêt conjoint avec Crédit Agricole CIB (CA CIB), la banque de financement et d’investissement de la banque verte, au profit de la société Neopost.
L’entreprise de traitement du courrier emprunte ainsi 100 millions d’euros à cinq ans, à un taux non communiqué. CA CIB a assuré l’origination de l’opération et les négociations avec son client. Axa n’intervient qu’en deuxième lieu en tant qu’investisseur; il a souscrit à la majeure partie du nominal du prêt.
On savait qu’Axa et la banque mutualiste négociaient un partenariat dans le financement des entreprises, proche du placement privé. Les modalités de cet accord ont été conclues cet été. L’assureur entend souscrire une part comprise entre 70% et 80% du montant unitaire des prêts, qui seront compris grossièrement entre 100 et 200 millions d’euros. Il n’aura pas vocation à céder ses lignes à des investisseurs tiers, ni à les titriser sur les marchés. Le solde sera conservé sur le bilan du Crédit Agricole.
Les entreprises ciblées sont des sociétés non cotées de tailles moyennes, affichant un revenu supérieur à 250 millions d’euros. L’intérêt est double. CA CIB est ainsi en mesure de proposer à ses clients un financement auquel elles auraient eu difficilement accès sous forme de prêt bancaire (parce que les banques subissent des contraintes réglementaires de liquidité) ou d’appel au marché obligataire public. Pour Axa, l’investissement dans la dette corporate – de plus en plus courue depuis la crise des dettes souveraines en Europe et la volatilité des marchés actions – lui permet de diversifier sa politique d’investissement, dans le cadre de la gestion actif/passif de son bilan (pour faire face aux engagements des assurés).
Neopost devrait donc être le premier d’une longue liste à bénéficier de cette facilité de prêt. Axa et CA CIB travaillent actuellement à plusieurs transactions similaires.
La désintermédiation du crédit est une tendance forte. En juin dernier, Axa et la Société Générale ont annoncé la création d’un fonds commun de placement, dont l’assureur est également le souscripteur principal et qui portera des financements aux entreprises. Deux mois plus tard, un premier placement privé a été signé au profit de Sonepar.
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène. -
Google fait son grand retour dans la compétition aux modèles d’IA de pointe
Google a lancé, jeudi 1er octobre, un nouveau modèle d'IA haut de gamme, Gemini 4 Argon, testé par quelques partenaires de confiance. Avec Anthropic et OpenAI, tous rivalisent sur la puissance de leurs outils d’IA, alors même qu'ils appellent publiquement à la modération.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : le soutien croissant des Britanniques à l’UE peut-il rebattre les cartes du Brexit ?
Plusieurs enquêtes récentes montrent qu’une part importante des Britanniques est désormais favorable à un retour dans l’Union européenne. Alors qu’Andy Burnham envisage ouvertement une nouvelle adhésion, une telle perspective nécessiterait de longues négociations, sans garantie pour Londres de retrouver les dérogations dont il bénéficiait avant le Brexit -
Guerre au Moyen-Orient : à court de missiles, l’Amérique découvre les limites de sa puissance
En sept mois de guerre contre l’Iran, les Etats-Unis ont largement puisé dans leurs stocks d’intercepteurs. Pensé pour protéger les alliés américains au Moyen-Orient, le système THAAD illustre aujourd’hui les difficultés de l’industrie de défense américaine à soutenir, sur la durée, une guerre de haute intensité -
La Fabrique de l'OpinionDénatalité : « Sexualité, couple et projet d’enfant se sont désynchronisés »
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde – sont importantes mais n'expliquent pas à elles seules la dénatalité qui frappe la France. Spécialiste de la natalité, Hélène Calas explore la récession du couple parental