Après Wall Street, la finance londonienne prépare des bonus au rabais
A Londres, 22% des banquiers de la City s’attendent à ne recevoir aucune rémunération variable au titre de 2012, d’après un sondage du cabinet de recrutement Astbury Marsden. Ils étaient deux fois moins nombreux il y a un an. Selon le Centre for Economics and Business Research, les bonus devraient être divisés par deux en un an et plafonner à 1,6 milliard de livres (1,9 milliard d’euros), soit un recul de 86% par rapport au record de 2007-2008. Ces prévisions pessimistes font écho aux suppressions de postes dans le secteur financier britannique qui devrait encore perdre 18.000 emplois ce trimestre, selon la Confederation of British Industry et PwC.
Chez Barclays, l’annonce des primes 2012 coïncidera avec celle, le 12 février, d’un nouveau plan stratégique sans doute lourd de conséquences pour sa banque d’investissement. Selon Reuters, ses bonus devraient reculer de 10 à 20% en moyenne et son ratio de rémunération (compensation ratio) devrait plafonner à 39% des revenus, contre 47% en 2011.
Les banques américaines ont donné le ton en rééquilibrant, à des degrés divers, le partage des profits au bénéfice des actionnaires. Les rémunérations globales (fixe et variable) ont baissé l’an dernier de 3% chez JPMorgan et de 7% chez Morgan Stanley. Elles ont crû de 6% chez Goldman Sachs mais son compensation ratio a baissé de 4 points, à 38% des revenus, contre 44% chez Morgan Stanley (-9 points).
Les banques britanniques pourraient aller plus loin en faisant supporter à leurs équipes les amendes liées à la manipulation du taux interbancaire Libor. Outre Barclays, RBS y réfléchirait. Anthony Jenkins, le nouveau directeur général de Barclays, pourrait même renoncer à tout ou partie de son propre bonus à cause du Libor, mais aussi du scandale des assurances emprunteurs, selon The Express on Sunday. La pression monte également sur le patron du Lloyds Banking Group qui pourrait toucher une prime gonflée par la hausse du cours de Bourse de cette banque en partie nationalisée, et sur son homologue de HSBC après une lourde sanction aux Etats-Unis dans le cadre d’une enquête antiblanchiment.
Le numéro un de JPMorgan a donné l’exemple. Malgré des profits record, son bonus a été divisé par deux à cause des pertes de trading de l’affaire de la Baleine. Seul celui de Goldman Sachs semble immunisé: son bonus en titres a bondi de 90%, à 13,3 millions de dollars.
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