Amundi et Natixis passent une première haie dans la vente de Pioneer
Le processus de vente de Pioneer, la filiale de gestion d’actifs d’UniCredit riche de 185 milliards d’euros d’actifs, progresse. La banque italienne a retenu Amundi (filiale du Crédit Agricole et de la Société Générale), Natixis et la société de services financiers Ameriprise pour un deuxième round de négociations. Une source impliquée dans les pourparlers a confirmé l’information du Figaro.
Selon cette source, UniCredit a privilégié les candidats acceptant d’acquérir l’ensemble de Pioneer. Présent en Europe à travers les réseaux italiens, allemands (via HVB) et d’Europe centrale de la banque, la filiale dispose aussi d’une activité importante aux Etats-Unis, valorisée, selon les sources, dans une fourchette large comprise entre 600 millions et un milliard d’euros.
La surprise tient davantage à la non-sélection de BNP Paribas, pourtant candidate et dont le pôle de gestion s’est considérablement renforcé depuis les acquisitions de BNL (en Italie) et Fortis (en Belgique). Mais la complexité qui en découle en terme de consolidation n’aurait pas joué en sa faveur. «BNP Paribas avait déposé une offre partielle. En outre, du fait de sa structure, elle a eu du mal à faire entrer un partenaire», croit savoir un concurrent.
A contrario, la sélection de Natixis, qui ne commente pas, paraît logique. La filiale de BPCE est déjà présente aux Etats-Unis dans la gestion d’actifs. Elle a mis en place un modèle de boutique spécialisée outre-Atlantique et d’usine de production en Europe, notamment pour ses réseaux Caisses d’Epargne et Banques Populaires.
Amundi ne commente pas non plus l’information. Son offre concerne également l’ensemble de Pioneer. Reste à savoir si, en cas de victoire, elle conserverait à terme la partie américaine, sachant que le nouveau plan stratégique du Crédit Agricole, qui préside aux destinées d’Amundi, prévoit un recentrage sur l’Europe et la Méditerranée.
Si UniCredit entend récupérer un maximum de cash pour sa filiale (valorisée autour de 3 milliards d’euros), elle devra probablement, étant donné les besoins en capital des banques, accepter une partie importante en titres. Ce d’autant plus que les activités de gestion sont aujourd’hui nettement mieux valorisées que leurs maisons mères en Bourse (15 fois leur résultat net en moyenne contre 6 fois). «UniCredit est prêt à monter au moins provisoirement au capital du nouvel ensemble», affirme une source proche.
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