Alstom s’attend à un veto européen sur son mariage avec Siemens Mobility
Il est probable que le rapprochement entre Siemens Mobility et Alstom soit bloqué par la Commission européenne, a affirmé mardi Henri Poupart-Lafarge, le PDG d’Alstom, dans une interview publiée sur le site internet du Figaro. Une source du ministère français de l’Economie a également reconnu cet après-midi s’attendre à un veto. La Commission européenne devrait officialiser sa décision demain à midi.
En juillet, la Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur le projet de fusion entre Alstom et Siemens Mobility, redoutant que l’opération réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation.
Henri Poupart-Lafarge juge qu’il est « probable que les équipes de la Commission, ses services, proposent [...] d’interdire l’opération », dénonçant une position « dictée par des préjugés idéologiques ». « La Commission nous oppose une objection sur la très grande vitesse », poursuit le dirigeant. « Elle refuse de prendre en compte l'émergence d’un concurrent chinois [CRRC, ndlr] au motif que ses analyses se fondent sur le passé et non sur l’avenir », développe-t-il.
Interrogé sur le dépôt d’un nouveau projet avec Siemens en cas de veto de Bruxelles, Henri Poupart-Lafarge répond par la négative : « il n’y aura pas de seconde chance ». Le PDG du groupe juge également qu’il est encore « trop tôt » pour savoir si Alstom et Siemens attaqueraient la Commission européenne en justice en cas de blocage.
Henri Poupart-Lafarge affirme par ailleurs ne pas voir ce qu’Alstom et Siemens auraient « pu faire différemment » pour convaincre la Commission européenne de donner son aval à la fusion. Les deux groupes ont proposé des concessions portant sur 4% du chiffre d’affaires de la future entité combinée pour tenter de convaincre Bruxelles.
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