Willis repousse d’un an son éventuelle prise de contrôle de Gras Savoye
Willis prend son temps. Le courtier britannique d’assurance a annoncé mardi soir avoir reporté d’un an la date d’exercice de son option d’achat de Gras Savoye. Actionnaire du groupe français à hauteur de 30 % selon son rapport annuel 2012, il pourra monter à 100% d’ici à juin 2016 en rachetant la participation des actionnaires familiaux historiques et celle d’Astorg Partners.
«L’accord donne plus de temps à la nouvelle équipe de direction de Gras Savoye pour achever sa restructuration et laisse aussi à toutes les parties [le temps] de préparer la transition proposée en 2016», indique le communiqué de Willis. Son PDG Dominic Casserley a réaffirmé que «Gras Savoye représente une excellente opportunité de croissance pour Willis».
En attendant, Gras Savoye a entamé une importante restructuration. Il va supprimer 15 % de ses effectifs en France, soit 291 postes, a révélé L’Agefi. «De plus, il y a eu au siège, entre le 1er janvier 2012 et fin février 2013, près de 210 départs de salariés contre 69 entrées», assure un tract de l’intersyndicale de Gras Savoye qui dénonce l’externalisation d’une partie des services informatiques et d’opérations dites «à faible valeur ajoutée» (numérisation, appels entrants…). Gras Savoye avait vu ses revenus reculer de 1,3% en 2011, à 555 millions d’euros, mais restait rentable. François Varagne, son directeur général depuis un an, anticipe une croissance du chiffre d’affaires inférieure à 5 % sur la période 2013-2015.
S’il souhaite toujours prendre le contrôle de Gras Savoye en juin 2016, Willis devra notifier sa décision aux autres actionnaires avant mai 2015, un an avant l’expiration de son option. Le protocole initial prévoyait que le groupe britannique se décide d’ici au 30 avril 2014, pour une prise de contrôle en 2015, indique son rapport annuel. Par le passé, ce dernier a joué au yoyo avec sa participation. Après avoir pris 33% des parts en 1997, il est monté jusqu’à 49% en 2009. Il est revenu à 30% environ lors du LBO d’Astorg.
Selon un porte-parole de Gras Savoye, les trois grands blocs d’actionnaires détiennent chacun 32,5% des parts, aux côtés des managers. Willis a déjà fait un choix clair pour les activités de réassurance du courtier français. Au premier trimestre 2012, il a racheté la moitié des parts de Gras Savoye Re qu’il ne détenait pas, pour 29 millions de dollars.
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