UniCredit réfléchit à la stratégie de sa filiale Pioneer en Russie
Un premier pas vers une sortie de la Russie pour UniCredit? Sa filiale de gestion d’actifs Pioneer Investments semble, sans vraiment l’admettre, y réfléchir. «Nous sommes en train de finaliser un nouveau plan stratégique pour accélérer la croissance organique de notre activité en identifiant les zones aux atouts clés et en nous concentrant sur les opportunités permettant de créer une bonne base pour la croissance future», explique Pioneer dans un communiqué. Dans ce cadre, «nous confirmons que nous réexaminons les options stratégiques pour notre activité en Russie», précise Pioneer. Le gérant d’actifs a tenu à souligner que sa décision était basée sur sa propre analyse et qu’elle ne reflétait en rien les projets d’UniCredit pour la Russie.
Cette annonce laisse donc penser que Pioneer pourrait céder ses activités en Russie mais qu’Unicredit y conserverait les siennes, alors que plusieurs banques ont récemment fait savoir qu’elles arrêtaient certaines de leurs activités dans le pays, à l’image de HSBC ou KBC. «Si cela ne concerne que les activités de Pioneer en Russie, ce n’est pas très significatif», observe un analyste. La filiale russe ne représente en effet que 63 millions d’euros sur les 178 milliards d’encours sous gestion de Pioneer, filiale qui réalise moins de 10% des bénéfices d’UniCredit. «Mais cela semble montrer qu’ils ne savent toujours pas quoi faire de ce business», ajoute l’analyste.
UniCredit a cherché à céder cette filiale au premier semestre, alors valorisée à quelque 3,5 milliards d’euros, et des candidats au rachat tels que Natixis, Amundi ou encore Resolution avaient été évoqués. La banque italienne avait finalement jugé insuffisantes les offres mises sur la table. «UniCredit a conclu que la meilleure solution pour Pioneer Investments était de se concentrer sur la croissance interne. La maison est en bien meilleure forme qu’elle ne l’était quand le processus de révision a été lancé», avait déclaré le groupe.
L’annonce de Pioneer intervient alors que sa maison mère est sous pression de la part des analystes qui estiment qu’elle doit augmenter son capital afin de rassurer les marchés en vue de son refinancement pour 2012. Mais au regard des conditions actuelles de marché, et de son faible cours de Bourse qui rendrait une telle opération très dilutive, le moment est loin d’être idéal pour UniCredit.
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