La banque transalpine fait cette mention inattendue dans le prospectus préalable à son augmentation de capital. L’action poursuit sa chute
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A. Duroyon et A. Garabedian
Dans le prospectus publié en vue du lancement de son augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros, UniCredit n’hésite pas à mentionner un éclatement de la zone euro au chapitre des «facteurs de risques» qui pourraient affecter son activité. «Les craintes que la crise de la dette souveraine en zone euro s’aggrave pourraient conduire à la réintroduction des devises nationales dans un ou plusieurs pays de la zone euro, ou, dans des circonstances particulièrement tragiques, à l’abandon de l’euro», écrit la banque italienne.
UniCredit ajoute que «toute décision de la BCE de suspendre ou de réviser les termes de son programme de rachat de certaines dettes souveraines» aurait un impact sur la valeur de ces titres, et donc sur les résultats du groupe. Généralement très fournis, les «facteurs de risques» figurant dans les prospectus sont censés prémunir l’émetteur contre des recours juridiques émanant d’investisseurs mécontents.
L’opération, annoncée au prix de 1,943 euro par action, soit une décote de 43% (une fois détachés les droits préférentiels de souscription), s’inscrit dans un contexte boursier tumultueux. Après avoir déjà chuté de 14,5% mercredi, le cours a cédé 17,3% hier à 4,48 euros, son plus bas niveau depuis septembre 1992. A un tel cours, la valorisation du prêteur italien ressort à 8,7 milliards d’euros. «Les investisseurs particulieurs pourraient ne pas être dans le meilleur état d’esprit pour garantir leur prorata», écrivent dans une note les analystes de Fidentiis Equities.
Pas moins de 27 banques sont impliquées dans l’opération. Dans une interview au quotidien italien Il Sole 24 Ore, l’administrateur délégué de l'établissement fait pourtant part de sa confiance. «Je crois que l’augmentation de capital sera dans l’ensemble complètement souscrite par les marchés», estime Federico Ghizzoni, qui justifie le niveau de décote par les conditions de marché. Le dirigeant s’attend à ce que les autres banques en quête de fonds fassent de même.
«Il y a une offre considérable de titres bancaires potentiellement en vue et certains investisseurs pourraient vendre pour racheter moins cher un peu plus tard», anticipe Paul Vrouwes, gérant chez ING IM cité par Bloomberg.
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