UBS alimente la vague de licenciements dans le secteur bancaire
UBS a précisé hier les modalités de son plan de suppression d’emplois, annoncé fin juillet au moment de la publication de ses comptes du deuxième trimestre. Ce plan concernera 3.500 postes, soit plus de 5% de ses effectifs. Il doit permettre au groupe d’économiser deux milliards de francs suisses (1,76 milliard d’euros) par an dans les deux ans qui viennent, au prix d’une charge de restructuration de 550 millions de francs.
Environ 45% des coupes affecteront les métiers de banque d’investissement, qui ont subi une chute de 24% de leurs revenus au deuxième trimestre, en particulier sur les marchés de taux. Le solde sera réparti entre ses activités de détail et de gestion de fortune en Suisse (35%), de gestion de fortune sur le continent américain (10%) et de gestion d’actifs dans le reste du monde (10%).
Les dirigeants avaient adopté un ton offensif l’année dernière, après avoir frôlé l’effondrement en 2009 suite à la crise financière. Après être passé de 78.000 à 64.000, les effectifs d’UBS étaient remontés à 65.700 en 2010. Un optimisme visiblement précipité.
Les intentions d’UBS viennent alimenter la cascade de mesures annoncées ces derniers mois. Selon les chiffres compilés par Bloomberg, le secteur financier a perdu 85.700 emplois depuis le début de l’année. La tendance s’est accélérée à la fin du mois de juin, lorsque la banque britannique Lloyds Banking Group a présenté un programme affectant 15% de ses effectifs, soit 15.000 postes.
De nombreuses banques internationales lui ont alors emboité le pas, dont Goldman Sachs (1.000, soit 2,8% de ses effectifs), Credit Suisse (2.000, soit 4%), Intesa Sanpaolo (3.000, soit 3%), Barclays (3.000, soit 2%), ou encore Bank of America (3.500, soit 1,2%). Mais la palme en la matière revient à l’établissement sino-britannique HSBC, qui n’a pas hésité à sacrifier 30.000 emplois, soit 10% de son total.
A l’instar d’UBS, beaucoup de ces banques avaient procédé à des recrutements en 2010, alors que les activités de marché avaient généré des revenus inespérés quelques mois seulement après la crise. Mais les nouvelles règles sur les rémunérations avaient conduit à de fortes augmentations de la part fixe, qui furent autant de fils à la patte avec le retournement des marchés. Selon JPMorgan, la partie fixe rémunérée en banque d’investissement chez UBS et Credit Suisse était ainsi passée respectivement de 55% à 65% et de 66% à 82% entre 2009 et 2011.
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