Tidjane Thiam a de nombreux défis à relever chez Credit Suisse
Au lendemain de la nomination de Tidjane Thiam à la tête de Credit Suisse à compter de fin juin, les analyses se bousculent pour suggérer que le groupe suive l’exemple d’UBS et accélère sa restructuration. «Plus de gestion d’actifs et de gestion de fortune, moins de banque d’investissement», résument ceux d’UBS. Une optique déjà actée, sans avoir été menée assez rigoureusement aux yeux des investisseurs.
«Nous nous attendons à une réallocation du capital alloué à la banque d’investissement, qui baisserait de 53 % à 39 %», chiffrent les analystes de JPMorgan, précisant que «Tidjane Thiam pourrait supprimer 150 milliards de francs suisses d’actifs de la division taux fixe, matière première et changes (FICC)». Cette restructuration, qui passerait par 2.900 suppressions de postes, 15% des effectifs de l’entité, devrait faire passer le ratio de fonds propres durs CET1 de la banque à 13,1% en 2016, contre les 12,3% attendus, calcule le courtier.
«Réviser les objectifs financiers» est une autre des priorités de Credit Suisse, affirme Nomura. Un RoE avoisinant 13% serait plus réaliste que les 15% actuellement visés, et un ratio CET1 de 13% préférable aux 11% estimés.
«Relever les ratios de capitaux» fait aussi partie des défis, selon Nomura. Alors que les règles locales concernant le ratio de levier doivent être précisées d’ici à fin 2015 en Suisse, il manquerait 0,6 point à la banque pour atteindre un ratio de 3,5% en fin d’année. «Nous verrions une hausse de 10 ou 15% du ratio CET1 ou une levée de capital de 3 à 5 milliards comme un bon premier pas», ajoute Nomura. Une augmentation de capital sera «probablement» à l’ordre du jour, selon UBS, qui pense que Tidjane Thiam pourrait vouloir rapidement atteindre un ratio CET1 de 11 ou 12%.
«Il est probable que Tidjane Thiam ait pour tâche de développer la banque privée en Asie», suppose enfin JPMorgan. Credit Suisse devrait se recentrer sur la collecte d’actifs, estime Nomura, qui rappelle que la gestion d’actif, la gestion de fortune et la banque de détail en Suisse représentent 50% des bénéfices opérationnels de la banque, contre presque 80% chez UBS. «Credit Suisse va se concentrer sur la gestion d’actifs et la gestion de fortune, avec un focus possible sur les marchés émergents», croit savoir Peter Kurer, un ancien président d’UBS.
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