Temasek arbitre ses participations dans le secteur bancaire chinois
En investisseur avisé, Temasek arbitre avec soin son portefeuille de participations dans le secteur financier. Un secteur clé pour le fonds souverain singapourien puisqu’il représente 36% de ses investissements, principalement en Asie. En Chine, il vient ainsi de confirmer deux opérations significatives : la vente à Hong Kong d’une participation de 1,2 milliard de dollars dans Bank of China, à un prix unitaire compris entre 3,13 et 3,18 dollars de Hong Kong, et celle d’un bloc de même valeur concernant des titres China Construction Bank (CCB). Morgan Stanley et Bank of America sont en charge de ces deux opérations.
Temasek restera néanmoins un investisseur de poids dans chacun des deux établissements, avec 7,4% des actions H de CCB, ce qui le place au deuxième rang des actionnaires avec une participation valorisée autour de 14 milliards de dollars, et 3,7% des actions H de Bank of China. Alors que Temasek s'était renforcé au sein de ces deux établissements en août et novembre dernier, il prend aujourd’hui le chemin inverse à la lumière d’un environnement économique plus difficile et de résultats en voie de décélération. La croissance des bénéfices de Bank of China a ainsi ralenti à 10% au premier trimestre, tandis que CCB a a fait état de la progression la plus lente en plus de deux ans (+9,2% à 51,5 milliards de yuans).
De l’avis des analystes, alors que le PIB chinois a crû de 8,1% sur les trois premiers mois de 2012, le cinquième trimestre consécutif de ralentissement, Temasek a pu estimer, dans une vision de long terme, qu’il avait déjà obtenu beaucoup de CCB et Bank of China. Les titres des deux groupes ont grimpé de 14% depuis le début de l’année. Pour autant, Temasek fait preuve de discernement. Il a ainsi annoncé il y a deux semaines le rachat d’une participation de 2,3 milliards de dollars dans Industrial & Commercial Bank of China (ICBC) auprès de Goldman Sachs, portant sa participation à environ 5,3% du capital coté à Hong Kong. Selon l’un de ses représentants, cité par Bloomberg, le fonds souverain reste ainsi très fortement impliqué dans le secteur bancaire chinois, avec un portefeuille de titres estimé à plus de 17 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh propose une Fed «moins communicante»
Les acteurs du secteur financier peuvent y voir une évolution potentiellement positive si cela permet de réagir plus vite et mieux aux données. On peut cependant encore douter que le banquier central nommé par le président Donald Trump soit celui qui cherche ainsi à dépolitiser la Fed. -
Le M&A s'alimente de nouveau au gros gibier
En dépit de moindres volumes, la valeur des opérations de fusions & acquisitions a rebondi durant ce premier semestre 2026, un début d'année marqué par des transactions de grande envergure. L'intérêt des investisseurs se concentre notamment sur les secteurs des télécommunications, de l'énergie, des infrastructures et de l'intelligence artificielle, relèvent les banques d'investissement. -
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027