Swiss Re innove en émettant des CoCos
Swiss Re cède à l’appel des CoCos. Le réassureur suisse a lancé cette semaine le placement d’obligations contingentes en dollars. Le groupe a réussi à lever 750 millions de dollars de titres de maturité 11,5 ans, assortis d’une option de rachat à 6,5 ans, et avec un rendement de 6,5%. La demande, en grande partie asiatique, aurait atteint 5,25 milliards de dollars. Cinq banques étaient chargées du placement: Bank of America Merrill Lynch, BNP Paribas, Credit Suisse, HSBC et RBS.
Par ses caractéristiques, l’instrument se rapproche des CoCos émis par KBC en début d’année et constitue une innovation. Si la marge de solvabilité de Swiss Re passe sous les 125%, l’investisseur perdra l’intégralité de sa mise. «C’est la première fois qu’un assureur choisit une structure de dépréciation permanente», relèvent les analystes de CreditSights. La solvabilité actuelle de Swiss Re (plus de 200%) a rassuré les investisseurs. En janvier, KBC a placé des titres prévoyant un mécanisme permanent de dépréciation si son ratio de solvabilité core tier 1 franchit à la baisse le seuil des 7%.
Les autres CoCos émises par des banques, mais aussi certains instruments de capital contingent levés dans le secteur de la réassurance, sont moins risqués pour l’investisseur, car ils sont basés sur un mécanisme de conversion en actions. Scor avait émis fin 2010 des titres qui garantissaient une recapitalisation du groupe si ses sinistres en catastrophes naturelles dépassaient un certain montant. Le mécanisme avait été activé à peine quelques mois plus tard, à hauteur de 75 millions d’euros, après un premier trimestre 2011 particulièrement coûteux en catastrophes pour le réassureur français.
Allianz, de son côté, a vendu en 2011 à Nippon Life pour 500 millions d’euros d’obligations à 30 ans, qui permettront au géant allemand de se renflouer si sa solvabilité se dégrade en raison de risques divers (catastrophes naturelles, crise de la dette souveraine, pic de mortalité, etc.).
Tous ces instruments constituent en pratique une forme de réassurance pour les acteurs de cette industrie, au même titre que les traités de rétrocession ou les obligations catastrophe (cat bonds). Que leur déclenchement soit basé sur un ratio global, comme les CoCos de Swiss Re, ou sur un évènement spécifique, ils reviennent à transférer du risque du bilan des réassureurs vers les investisseurs.
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